Le web 2.0 selon Antoine Dubuquoy

Directeur de la publicité d'un grand quotidien français, blogueur à ses heures, Antoine Dubuquoy porte un regard d'utilisateur sur le web 2.0.

Qui êtes vous et quel est votre rapport avec le web 2.0 ?


Antoine Dubuquoy, 42 ans, bloguant sous le pseudo de Dubuc, Directeur de la publicité internationale d'un grand quotidien français. Technophile invétéré, geek à mes heures perdues, grand voyageur, curieux. Early adopter de nouvelles solutions technologiques, mon rapport avec le web 2.0 passe d'abord par le blogging: ouverture d'un premier blog de fiction en juin 2005 et d'un blog consacré aux médias face à la révolution numérique en avril 2006.

Si vous deviez expliquer le web 2.0 à tout un chacun, qu'est-ce que vous diriez?


L'appellation web 2.0 suscite de temps à autres des réactions épidermiques, personne n'aime les labels, forcément réducteurs ou galvaudés. Le web 2.0 est l'évolution naturelle du web des origines: passé l'âge de la découverte et de l'apprentissage, l'utilisateur prend le contrôle de l'outil et découvre qu'il n'est pas seul au monde, qu'il peut partager, et échanger de façon simple. Le web 2.0, c'est le web pour les non-geeks, la possibilité pour l'utilisateur de traverser le miroir et de s'exposer en ligne. C'est une technologie toujours plus élaborée, qui sait se faire oublier. En bref, du strict point de vue de l'utilisateur, le web 2.0, c'est le web pour les nuls... ;-)

Qu'est ce que représente le "web 2.0 dans le monde d'aujourd'hui, quel impact sur la société, l'économie, la technologie et autres ?


Attention à l'illusion! Au plus fort de la bulle internet, à la fin du siècle dernier, on a pu croire ou se convaincre qu'Internet allait être LA solution universelle, l'arme fatale... On a déifié l'Internet, oubliant au passage que ce n'était qu'un outil, exceptionnel, certes, mais un simple outil. Le web 2.0 a eu un impact dévastateur, mais salutaire sur les médias traditionnels, mon industrie d'origine. Les fragilisant, et les obligeant à se réinventant, au moment où, en parallèle, les utilisateurs, les lecteurs, le public inventaient de nouveaux usages, des nouveaux codes, de nouvelles habitudes. Réinvention permanente au fil d'une évolution technologique permanente. Le web 2.0, c'est la prise du pouvoir par l'utilisateur, qui de lecteur passif devient acteur, producteur, critique et concurrent des professionnels . Le web 2.0, c'est la convergence et le mélange des genres: les marques-média issues du papier diffusent de l'image et du son, les diffuseurs d'images font appel à leur public pour les alimenter en contenu.
Le web 2.0, c'est un formidable appel à l'intelligence collective.

Le web 2.0, et après ?


L'internet mobile accessible de partout avec des vitesses de connection toujours plus rapide, le stockage de données illimité, la convergence absolue des contenus. Avec une facilité d'utilisation encore accrue pour les utilisateurs.


Publié par Antoine Dubuquoy le lundi 20 novembre 2006 à 07:43
Lien permanent

 Trackback Pings


URL de TrackBack de cette note:
http://www.deuxzero.com/cgi/MT/mt-tb.cgi/48


 Commentaires

Antoine,
Ravi de te retrouver ici aussi !
Ton dessin rappelle à ma mémoire une lecture estivale d'un excellent billet de Scott Karp sur Publishing 2.0 http://publishing2.com/2006/07/24/print-publishings-point-of-no-return/.
Il y résume le processus de transfert du papier vers le Web avec la cohorte de dilemnes qui s'y rattache, en matière de contenus, revenus... Si ce transfert semble inéluctable, sonne-t-il à ton avis, un coup d'arret à plus ou moins long terme des éditions papier, et plus encore dans le sens du web 2.0, ou représente-t-il au contraire et grâce au web 2.0, une porte de salut vers une renaissance de la presse papier, avec dans le lot la question des régies publicitaires ?

Posté par: Laurent VERMOT-GAUCHY le mercredi 22 novembre 2006 à 08:11
 

Laurent,
Merci de m'avoir aiguillé sur cette analyse très pertinente de Scott Karp. Le graphe qu'il propose sur l'effet "Point de non-retour" est à mon sens juste. Faut-il pour autant envisager une disparition de la presse écrite à si courte échéance? Je n'en suis pas totalement convaincu. Ne serait-ce qu'au vu du succès des titres gratuits qui réconfortent sur la relation toujours forte entre l'individu et le support papier.
Pour ce qui concerne les marques-média, je te renvoie sur The Economist, qui fin août a publié un long article sur le thème: "Who killed the newspaper?". The Economist arrivait à la conclusion que seuls survivraient les titres qui se seraient adaptés à l'arrivée des technologies numériques, lesquelles finalement offrent de nouveaux canaux de distribution et génèrent de nouveaux modes de consommation d'information.
Une marque-média forte se doit de rendre disponible son contenu sur différent canaux, we, internet mobile, papier, podcats, vidéo et demain e-paper.
Renaissance de la presse papier, oui. Mais sous une forme différente. Je rejoins Scott Karp sur la question des coûts de production et de distribution. La presse traditionnelle voit son équation économique fragilisée par une difficulté à maîtriser ses coûts de fabrication (poids du Syndicat du Livre), une difficulté à optimiser sa distribution (réseau de kiosques en diminution, coûts de recrutement de nouveaux abonnés...). L'expérience de la presse gratuite peut être bénéficiaire à la presse classique: aller à la rencontre de son lecteur, lui mettre le produit entre les mains, là où il se trouve est peut-être une solution. La principale difficulté reste à convaincre le consommateur de payer pour accéder à l'info...
La présence en ligne oblige les marques-média à utiliser toutes les ressources du web: création de communautés, interactivité... Au milieu des blogs des journalistes du Monde mis en avant sur lemonde.fr apparaissent des blogs d'amateurs éclairés. Les articles peuvent être commentés par les abonnés au site...

Certes, la question des revenus publicitaires est une question-clé. La récente entrée de Google et Yahoo sur la marché de la commercialisation d'espace pour le compte de journaux américains pose la question de l'évolution des régies publicitaires. A ce jour du moins en France, les revenus générés par le papier restent largement au delà de ceux générés par le online, mais les taux de crossance sont à l'avantage de la pub en ligne.
Je crois à la convergence des régies publicitaires qui seront amenées à vendre des audiences globales de marques-média (laissant aux annonceurs le choix des médias, mais démontrant - comme l'étude IPSOS Cadre le permet déjà et comme l'étude EPIQ le permettra à compter de la fin du premier trimestre 2007 que la combinaison des différents canaux composant une marque-média optimise la couverture d'une cible donnée).
La difficulté du côté des régies sera de transformer des commerciaux mono-média en experts plurimedia...
Merci pour ton passage!

Posté par: dubuc le mercredi 22 novembre 2006 à 09:02
 

Merci Antoine de ces éclaircissements.
J'espère que nous aurons prochainement l'occasion d'en discuter de vive-voix.
LVG

Posté par: Laurent VERMOT-GAUCHY le dimanche 26 novembre 2006 à 11:18
 

Poster un commentaire




Mémoriser?




Derniers auteurs

Derniers commentaires
Le web 2.0 selon Antoine Dubuquoy par Laurent VERMOT-GAUCHY
Le web 2.0 selon Antoine Dubuquoy par dubuc
Le web 2.0 selon Antoine Dubuquoy par Laurent VERMOT-GAUCHY
French Web 2.0 Group Linked In
Rejoindre le French Web 2.0 Group sur Linked In.
frenchweb.org

Blog designed and produced by gr