Elie Sloïm, directeur de la société Temesis, fondateur et directeur du projet Opquast, contributeur OpenWeb. Attentif à tout ce qui peut impacter favorablement ou défavorablement la qualité des services en ligne, je suis avec une attention toute particulière l'évolution des services dit 2.0. Il m'arrive d'écrire sur le sujet sur mon blog, et d'en parler dans mes formations et conférences.
Elie Sloïm, directeur de la société Temesis, fondateur et directeur du projet Opquast, contributeur OpenWeb. Attentif à tout ce qui peut impacter favorablement ou défavorablement la qualité des services en ligne, je suis avec une attention toute particulière l'évolution des services dit 2.0. Il m'arrive d'écrire sur le sujet sur mon blog, et d'en parler dans mes formations et conférences..
J'évoquerais deux dimensions principales à ce concept :
L'ouverture progressive des outils de gestion de contenus (CMS) à des contributeurs d'abord internes puis externes au point de développer des services en ligne dont :
le contenu repose presque uniquement sur la mise en commun et le partage des informations des contributeurs;
le modèle économique repose notamment sur l'exploitation commerciale et publicitaire de ces mêmes données.
La possibilité donnée à des administrateurs de créer des interfaces riches basées sur AJAX et des transferts d'information "pure"en arrière-plan. Autrement dit, des interactions directes avec les pages web et la communication avec les serveurs sans de multiples chargements de pages.
Note importante : ces formidables outils technologiques permettent en 2006 à certains techniciens de créer des interfaces riches, lourdes et le plus souvent inaccessibles. Il est donc essentiel de pointer la différence avec la technologie flash, qui permettait quant à elle de créer des interfaces riches, lourdes et le plus souvent inaccessibles, mais en 1996. Nuance. ;-)
Mauvais esprit mis à part, rappelons quand même que ces technologies sont ouvertes, et qu'elles sont potentiellement accessibles à tous, à condition de prendre quelques précautions.
Qu’est ce que représente le "web 2.0 dans le monde d’aujourd’hui, quel impact sur la société, l’économie, la technologie et autres ?
Quels que soient mes doutes et mes réticences, le concept est absolument fondamental. Il a permis de mettre un nom générique sur des idées et des modes de pensée complexes. Je me sers du concept au quotidien, pour réfléchir. C'est un concept bidon, génial et rentable. Tout pour plaire en somme.
Remettons les choses à leur place, quand même.
Sur le plan technologique, les enjeux de la mobilité ou des nanotechnologies me semblent par exemple infiniment plus importants dans leur impact sur l'économie, la société, et même l'environnement et la santé humaine.
En qui concerne les services 2.0, les conséquences technologiques, sociales, économiques ne sont pas si importantes que ça. Pour l'instant, ils sont réservés à une infime minorité de personnes sur notre planète. Lorsque l'on a retiré les personnes connectées en bas-débit, celles qui n'ont pas les compétences ou les connaissances, les séniors, les personnes handicapées, les personnes pauvres ou défavorisées, et celles que tout ceci n'intéresse pas, et j'en connais beaucoup, il faut bien se résigner au fait que tout ceci ne concerne qu'un petit groupe d'humains. Le concept est relayé massivement dans les médias, mais l'impact médiatique d'un concept ou d'un fait n'est que très rarement proportionnel à son importance réelle.
D'un point de vue sociétal, le Web 2.0 va avoir des conséquences majeures et sans doute désastreuses sur la maîtrise des données personnelles qui les concernent par les individus. La traçabilité quasi infinie des services en ligne est un des revers de la médaille 2.0. Cette traçabilité fantastique et effrayante provoquera sans doute tôt ou tard l'emergence de lois qui tenteront de rendre aux individus la maîtrise de leurs données personnelles.
Pour répondre à la question "le Web 2.0, et après?", il faut d'abord se poser la question : "le Web 2.0, et avant?"
La vente de papier et la santé du business, qui se nourrissent l'un de l'autre, sont tous deux des vecteurs qui popularisent les concepts évoquant la rupture. Nouvelle économie il y a quelques années, Web 2.0 en 2006, nous assistons au même mouvement : faire passer pour des ruptures des phénomènes à évolution continue.
Je prétends que le Web 2.0 dans sa dimension sociale à démarré lorsque un inconnu a préféré créer un système de gestion de contenu pendant que presque tous les autres webmasters s'échinaient à publier des sites en créant pages une par une avec Dreamweaver ou Frontpage. Cette première idée a conduit à tous les outils de publication sur le web (blogs, wikis et autres, qui sont selon moi des outils Web 2.0). Ce n'est pas une rupture chronologique, puisque ces deux choix fondamentaux se sont pratiquement produits en même temps, au tout début du Web, mais c'est une vraie rupture. Les services web 2.0 tels qu'on les voit exploser aujourd'hui ne sont finalement que l'ouverture généralisée des systèmes de gestion de contenu, des CMS placés en mode "administration publique et contenus partagés". Le principe de la gestion de contenu ouverte est alors poussée à son paroxysme, et cela peut donner des outils fantastiques (ou pas).
Finalement, il n'y a pas vraiment de rupture technologique en 2006, tout simplement parce que les choses évoluent, et que la vraie rupture est globale, elle se mesure sur 30 ans, et certainement pas avec la tête dans le guidon : c'est tout bonnement le passage à l'ère numérique. Personnellement, je trouve que cette révolution est bien assez puissante, mais s'il faut en rajouter dans l'emphase, le théâtral et le révolutionnaire, va pour le concept de Web 2.0 ;-)
Pour revenir à la question initiale, le web 2.0, et après? je pense qu'après la phase d'ouverture tous azimuts et de schizophrenie à laquelle nous assistons en ce moment, le retour de baton ne tardera pas. Dans le années à venir, je pense que tous les enjeux tourneront autour de la confiance, du respect, de la préservation et de la confidentialité des données personnelles. Nous mettrons peut-être autant d'énergie à cacher nos données personnelles que nous en mettons aujourd'hui à construire des facettes numériques de nos égos. Par exemple, dans une dizaine d'années, quand ils auront acquis des rudiments d'orthographe, et qu'ils chercheront un travail, combien d'ados feront tout pour planquer leurs skyblogs et éviter que big brother Google ne permette à tout un chacun de tracer cette facette de leur existence ;-)


Le therme impacter n'existe pas en français. arrétez de nous les briser avec vos thermes pseudo mercatico-grenadine à l'eau....
Posté par: seb le mardi 07 novembre 2006 à 11:45
Posté par: Huhu le mardi 07 novembre 2006 à 12:10
Posté par: Flo le mardi 07 novembre 2006 à 12:15
Merci Elie pour cette analyse très temporisée et sereine... cela change de la frénésie actuelle ;) Je suis rassurée que certains voient les choses ainsi... à bientôt pour confronter nos regards.
Posté par: Tiffany Benkoël - Cré@Tif le mardi 07 novembre 2006 à 23:59
Salut Elie :)
Je ne peux qu'abonder dans le sens de la prise de recul, le web est trop sujet à des phénomènes de mode.
Reste que j'aurai bien aimé avoir un retour sur la façon d'aborder la qualité des services en ligne avec l'explosion des outils de gestion de contenu (et plateformes collaboratives) et aussi à la prolifération des frameworks d'effets javascript par exemple.
C'est pour moi une problématique quotidienne et nouvelle. Est-ce que le référentiel Opquast va prendre en compte par exemple la validité des requêtes XMLHTTP ou la bonne dégradation des méthodes d'appel js ?
Je sais qu'on rentre un peu dans la technique mais en dehors de ces aspects pointus, et d'une manière générale : quid des aspects d'évaluation de la qualité des services en ligne de la couche "web 2.0" ?
Posté par: davidm le mercredi 08 novembre 2006 à 12:46
Salut David,
Attends la nouvelle version d'Opquast, et tu auras une partie des réponses à tes questions ;-)
Posté par: Elie le mercredi 08 novembre 2006 à 14:43
Posté par: davidm le mercredi 08 novembre 2006 à 16:27
C'est une analyse assez pragmatique en effet...Mais pourquoi chercher aussi loin une définition est un but à ce fameux web2.
Le web 2 est UNIQUEMENT une nouvelle manière de penser des services online. Les utilisateurs ont besoin de se sentir acteurs dans leur utilisation du web. C'est tout.
Je ne pense pas qu'il ait été question un jour de rupture technologique (au contraire, on parle d'utilisation de standards pour favoriser les échanges de données), je ne pense pas non plus que le terme web 2 n'ait été crée pour réinventer le marketing online, pour sauver le monde ou encore réparer la misère humaine.
Quant à la protection des données personnelles, je suis d'accord avec toi Elie. Les utilisateurs (et surtout les ados sms-isés) devraient être mieux accompagnés dans leur création de contenu. Un blog qui a fait le tour du monde peut être un sacré boulet pour la personne qui l'a écrit.
C'est donc un challenge supplémentaire pour les éditeurs : il faut conseiller les internautes dans leur communication online. Car, au même titre qu'une coquille dans un discours politique (je ne citerais pas d'exemple), une mauvaise information publiée sur le blog d'une marque peut être très néfaste.
Remettons donc les choses à leur place. Inutile de faire du buzz négatif autour de ce concept. Concentrons nous plutôt sur le développement de belles applications fonctionnelles, et "user centric" même si c'est pour "une infime minorité de personnes sur notre planète". Car si tout cela peut déjà rendre service à ce groupe de personne, dans leur quotidien ou dans leur business, nous aurons gagné.
Posté par: Alexandre - bloxx le dimanche 12 novembre 2006 à 12:24
Le web 2.0 selon Elie Sloïm... par Alexandre - bloxx
octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect
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