Le web 2.0 selon François Nonnenmacher...

François Nonnenmacher est consultant indépendant. Il a commis un livre, Blogueur d'entreprise, et deux blogs, l'un en français, l'autre en anglais, qui lui ont valu d'être plus connu sous son pseudo padawan que sous son vrai nom.

Qui êtes vous et quel est votre rapport avec le web 2.0 ?

François Nonnenmacher, alias padawan, ou l'inverse je ne sais plus. Actuellement consultant indépendant, après avoir dirigé la présence sur internet du groupe Capgemini pendant huit ans et demi, et être passé par Apple et Netscape. Je suis tombé dans l'informatique en 1980, dans la télématique en 1984 et dans internet en 1993. J'ai la chance d'avoir passé dix ans de vie professionnelle plongé dans ce media extraordinaire, et d'avoir gardé la passion et l'excitation de la découverte. Je fais de la veille depuis plus de vingt ans sur les technologies de l'information et de la communication, et j'essaye d'être web n+1 depuis 1993 ;-).

Si vous deviez expliquer le web 2.0 à tout un chacun, qu’est-ce que vous diriez ?

Chacun voit midi à sa porte, selon son approche du web, et ainsi chacun met dans le mot-valise web 2.0 ce qu'il veut selon sa propre perception de l'état actuel du web. Les technologues vous parleront de technologies, comme Ajax, RSS, etc. Les autres, selon leur profil (dirigeant, communication, marketing, ventes, etc.), y attacheront des concepts comme "user generated content", collaboration (social computing), réseautage (social networking), etc. En fait, si on cherche ce qu'il y a de commun dans tout ça, on se rend compte que tout le monde parle 1) du web tel qu'il a été conçu à l'origine, 2) du web tel qu'il est utilisé aujourd'hui.

Voilà pourquoi, pour moi, le web 2.0 n'est qu'une phase dans le développement du web, qui marque simplement la réalisation par les "décideurs" que "les gens" utilisent effectivement le web dans leur vie quotidienne.

Qu’est ce que représente le web 2.0 dans le monde d’aujourd’hui, quel impact sur la société, l’économie, la technologie et autres ?

Partant de ce constat, j'observe la multiplication d'autres mots-valises comme Office 2.0, Medias 2.0, Entreprise 2.0, etc. qui confirme d'une part que chacun a bien un prisme particulier selon son métier, et d'autre part que si le mot-valise web 2.0 n'a pas un seul sens communément admis, il sous-tend quelque chose de bien réel. Dans la même veine que ma définition du web 2.0, je pense que son impact est la réalisation, par ces mêmes décideurs, que le web actuel, et surtout la façon dont les gens s'en servent, est en train d'avoir une sérieuse influence sur leur business.

En d'autres termes, les gens utilisent le web dans leur vie personnelle, sociale et professionnelle. Et ça ne va pas de soi pour tout le monde. Le web 2.0 est aussi un rite de passage.

Un petit mot sur la technologie. Je pense que le web a déjà et continuera à avoir un impact profond sur la société et l'économie, mais la technologie se moque du web 2.0 autant que le web 2.0 de la technologie. Autant, en fait, que le commun des mortels normalement constitué et non geek se moque de la technologie. Quand les geeks seront tous aussi sensibles à la pertinence et la fluidité des usages qu'à la beauté de la technologie, nous aurons fait un grand pas en avant.

Le web 2.0, et après ?

Le déluge 2.0 ! :D

Plus sérieusement, les NTIC ne sont plus nouvelles depuis longtemps. Mais il reste un travail énorme à faire sur les nouveaux usages de ces technologies. "Usages 2.0", vous, moi, nous dans "Tout Ça 2.0™", voilà ce qui m'intéresse aujourd'hui.


Publié par François Nonnenmacher le mardi 07 novembre 2006 à 13:51
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» François Nonnenmacher, sur les "Usages 2.0" from Palpitt - Metablog

Interrogé par deuxpointzero.com, le Padawan nous livre une conclusion souriante sur ce qui relève plus, nous l'avons vu, d'une révolution par les usages que d'un réél basculement technologique : [Lire la suite]

Trackée le novembre 8, 2006 2:06 PM



 Commentaires

"Quand les geeks seront tous aussi sensibles à la pertinence et la fluidité des usages qu'à la beauté de la technologie, nous aurons fait un grand pas en avant."

Bien dit ! Cela rejoint un peu le commentaire que je viens de laisser sur le post de Fred Cavazza. Je pense vraiment que c'est un des enjeux de tous ceux qui travaillent sur les outils web et/ou qui concoivent des sites web.

Je serai quand même un peu optimiste, les pratiques évoluent et les professionnels du web sont peut-être un peu moins autistes. L'arrivée sur la scène des ergonomes ou spécialistes de l'utilisabilité n'y est pas pour rien...

Pour revenir à un témoignage plus concret, je suis en train de travailler sur l'évolution d'une application web et la question de la pertinence et de la fluidité des usages n'est pas si simple à prendre en compte et surtout à mettre en oeuvre. Mais on y travaille et des initiatives comme CMS-UIG (un groupe de réflexion sur l'amélioration de l'utilisabilité des solutions de gestion de contenu), aident bien.

C'est un premier pas, et à mon sens il faudra quelques années avant que ces technologies soient utilisées de façon mature.

En tout cas, merci pour cette lecture enrichissante :)

Posté par: davidm le mercredi 08 novembre 2006 à 07:33
 

oui merci pour cette lecture où je me retrouve un peu pour être tombée dans l'informatique en 82, les réseaux en 1991, et Internet en 1993 ... et ça fait un bout de temps qu'avec mes ex collègues nous disons aussi que les NTIC ne sont plus nouvelles depuis longtemps ... ;-).

Posté par: Sophie Ménart le mercredi 08 novembre 2006 à 17:37
 


J’aurai aimé que dans le web 2 ou tout autre prochain chiffre intègre la notion d’aide humanitaire plutôt que de voir une blogosphère gonfler comme un gros nombril, d’un égoïsme social époustouflant, à la fois égocentrique, freudien et narcissique, ou l’on discute à coup d’argumentation technique ou pire de marketing commercial, du comment transformer le doublezéro en Curée, version Zolienne, ou les acteurs du web voient leurs internautes comme une batterie de poules à consommer des feeds pour en chier des blogs.

J’aurai aimé que quelqu’un dise, le prochain web doit se tourner vers l’humanité et s’entendre sur une solution économique qui permette aux déshérités (presque des intouchables), de grimper la pente vertigineuse et de réduire l’écart qu’il y a entre dormir sous une bâche avec sa petite famille et finir sa soirée seul devant son pc à tapoter d’une main après s’être gargarisé le cerveau de médias euphorisants (et j’en fait partie…)

31 milliards de vidéos, allez on va dire 100 milliards de médias vus, écrits, lus en 2006 ! félicitations à tous, chapeau bas. Ces premiers paragraphes sont donc vraiment trop critiques au regard des efforts de participation de tous, tant sur le plan créatif que consommatoire, je l’admet, mais c’est surtout pour enchaîner sur la demande simpliste suivante :

Les acteurs du Web, les médias, les éditeurs, les majors, les tout-ce-que-vous-voulez qui tire des bénéfices du web, ne pourraient-ils pas accorder, gracieusement bien entendu, 1 centime dans la monnaie de leur choix, par média consommé ? En effet le calcul est rapide, 100 milliard de centimes par an, il y a de quoi faire rêver quelques médecins sans frontières et organismes humanitaires. Et ne vous retournez pas vers les techos en espérant une réponse du style »ah oui mais la c’est difficile de compter, maintenant que l’on a tout ajaxcisé… vous comprenez, le clic c’est difficile à trapper, et puis vous imaginez ce compteur numérique énorme, plus 1 à chaque fois, c’est un coup à éclater le chiffre fétiche de Google...

Vous l’avez compris, qu’on nous dise pas que techniquement ce n’est pas possible alors que l’on peut déjà, chacun de nous, faire de sa page perso une toile d’araignée qui tire ses fils d’info en temps réel. Reste les décisionnaires bien entendu, chez eux la règle ancestrale c’est plutôt, 1 centime c’est 1 centime, il n’y a pas de petite économie, mon business plan me l’interdit ! ma marge serait alors catastrophique et je devrai licencier, brrr...

Donc il ne faut pas espérer que cela change, même en le demandant gentiment, on passe toujours au final pour le mendiant qui vous emmerde à la sortie de l’église. Il faudrait que le tsunami arrive plutôt d’en bas, de la couche de base, des internautes, des consommateurs qui pourraient décider d’eux-même de cliquer ou non sur un lien taggé d’un icône aussi voyant que l’orange du RSS, tenez OhO par exemple (pour paire de jumelles humanitaire, mais laissons les webdesigners faire leurs propositions), indiquant que l’acteur web adhère à une charte humanitaire, donc accorde 1 centime par ouverture d’un média quelconque, sans oublier la page de statistiques sur les sommes versées, accessible à tous et puis on aime aussi les top-ten !

Allez ! réfléchissez-y 5 minutes, pour une geek c’est 1 minute…, 1 centime, 1 enfant qui crèvera un peu moins la faim et qui arrivera peut être un jour à vous remercier via son clavier…

Posté par: Marc le dimanche 12 novembre 2006 à 09:03
 

@Marc : quand je dis que chacun voit midi à sa porte, je ne croyais pas si bien dire ! Bel élan humanitaire que j'applaudis mais, finalement, pourquoi faudrait-il que ce soit les acteurs du web qui devraient s'y coller ? Et cette énième taxe que vous voulez, pourquoi sur le web et pas, par exemple, sur le pétrole, l'électricité ou je ne sais quoi d'autre ? Aller, un petit espoir : plusieurs initiatives sur la toile ont commencé à monétiser leur audience par la publicité et à reverser tout ou partie de leurs bénéfices à des associations humanitaires. Ce sont des projets privés, mais infiniment plus responsabilisants qu'une taxe obligatoire, et rien ne vous empêche de faire pareil, le web est à vous aussi.

Posté par: padawan le dimanche 12 novembre 2006 à 10:01
 

François, j'applaudi aussi le fond du commentaire, mais pas sa réplication sur TOUS les articles du blog : c'est donc du SPAM ! Je dis ça pour les modérateurs et aussi les lecteurs qui seraient tenté de répondre.

Mon message est à effacer avec celui de Marc.

Posté par: davidm le dimanche 12 novembre 2006 à 10:27
 

@Padawan: bon je n'ai pas parlé de taxe obligatoire mais du libre choix de l'internaute à surfer un peu plus sur les sites qui montreraient leurs efforts que les autres via un signe reconnu de tous. Pour les holdings du pétrole ou de l'électricité c'est un peu tard sans doute pour essayer de bousculer quoi que ce soit mais le web 2 reste une communauté mondiale qui se dessine et qui a encore la possiblité de faire des choix structurant l'avenir. Je suis sûr que l'acteur web, généralement malin, peux y trouver son compte, en tablant pendant les 15 prochaines années sur l'arrivée de quelques milliards d'internautes en plus. Donc pourquoi ne pas montrer l'exemple, j'applaudis aussi les courageuses initiatives locales mais pourquoi ne pas se fixer un objectif plus ambitieux, nous avons bien à tous construit le web en quelques années, alors pourquoi se priver d'une rare occasion de construire un web plus acteur qu'observateur.

Posté par: Marc le dimanche 12 novembre 2006 à 10:51
 

@Marc : je suis parfaitement d'accord avec David, ce que vous avez fait en copiant/collant votre commentaire partout sur ce blog est du spam bête et méchant, d'autant plus que vous le faites de manière anonyme. Si les éditeurs de ce blog décidaient de les supprimer, je ne verserais pas une larme.

Le web 2, ce n'est ni plus ni moins que "les gens" sur la toile. "Les gens", qu'ils soient sur la toile, ou chez eux, ou dans la rue, au bureau... ne sont pas différents. Ce sont des individus dans une société qui n'ont AUCUNE raison d'être plus sensibles au problèmes des autres sur le web qu'il ne le sont dans la "vraie vie". Ce serait particulièrement naïf de croire le contraire. De même qu'il serait naïf de croire que le web est une chose transcendantale aux êtres humains qui le composent, il est à leur image. Le web n'est aucunement acteur ou observateur, le web est un media, ce sont les internautes qui sont acteurs et/ou observateurs selon leur bon vouloir.

Posté par: padawan le dimanche 12 novembre 2006 à 11:37
 

Cette définition est sans nul doute le reflet de la réalité, mais ce sont les quelques visionnaires, comme l'ont été par le passé Linus Toldvard et aujourd'hui les communautés open source, qui ont prouvé que l'on peut faire changer les opinions et renverser les tendances, même des politiques, même des entreprises leaders du marché informatique.

Le titre de ce blog est 'Dessine moi un web 2', mon message s'adressait à chaque visionnaire dans sa spécialité ayant initié ce blog, je ne le considère pas comme un spam humanitaire. Je repose donc la question, est-il possible au Web 2 de s'attaquer à des vrais problématiques de sociétés plutôt que d'en rester un simple observateur ?

Posté par: Anonymous le dimanche 12 novembre 2006 à 14:06
 

Je reformule alors la question comme je la comprends : est-il possible aux gens de s'attaquer à des vrais problématiques de société plutôt que d'en rester de simples observateurs ?

L'outil ne fait pas l'action. Le web n'est qu'un outil, il appartient à chacun de s'en servir à bon escient, et beaucoup de gens actifs n'ont pas attendu le web 2 pour l'utiliser afin de faire progresser l'humanité. J'espère bien sûr qu'ils seront de plus en plus nombreux, mais c'est leur volonté qui prime sur tout le reste.

Posté par: padawan le dimanche 12 novembre 2006 à 15:05
 

Ok soyons plus constructif. J’estime qu’aujourd’hui tout internaute landa, de par le fait qu’il visionne, qu’il écoute, qu’il promulgue, qu’il partage, qu’il propose des idées de développement, qu’il consomme, bref qu’il contribue au développement du web, est le seul, à ne pas être rétribué pour l’ensemble de ses actions. Bien entendu, baissez vos bras, sa rétribution n’est en aucune mesure comparable aux investissements des acteurs du web (pensez au montant du rachat de Youtube par Google…), non je parlerai ici de :

1er concept : nano-rétribution, si vous le voulez bien en hommâge aux travaux de Muhammad Yunus. 1 centime par exemple pour une contribution d’un internaute landa ne me paraît pas volée lorsque l’audience de son contenu est multiple et répétée dans le temps, et pourquoi pas indexée sur son degré de popularité. Au passage, à combien pourrait-on estimer le développement de la popularité des sites youtube et wat.tv par rapport à des succès comme le clip de Tasha ou de Kamini (respectivement) ?

2ième concept : pour ne pas gérer une pagaille avec tous ceux qui souhaiteraient soutirer 3 sous, c’est de proposer à l’internaute de tranquillement cumuler un crédit et de le verser de manière automatique à une organisation humanitaire dûment webalisée. Voilà c’est peut être un peu plus compliqué que de demander directement aux acteurs web de forfaitiser leurs dons mais cela à le mérite aussi d’impliquer l’internaute et sans doute de nous donner à nous tous une meilleure conscience sans avoir à dépenser un rond… J’entend déjà la question, mais d’ou viens alors l’argent sonnant et trébuchant ? Et bien oui, je reste dans l’idée que promulguer un site sert les intérêts de beaucoup d’entreprises et j’englobe pas seulement les acteurs web, mais les éditeurs, les majors, les constructeurs, je le répète les tout-ce-que-vous-voulez qui tire un bénéfice directement ou indirectement du web.

3ième concept : liberté aux acteurs web d’adhérer ou non, on leur demande juste de le préciser (bon et un peu de dév. pour le comptage), liberté aussi aux internautes de préférer surfer sur des sites adhérents ou de s’en foutre royalement.

Voilà et c’est probablement en additionnant les quelques premiers milliers de centimes de millions d’internautes que l’on s’apercevra qu’en monnaie locale cela constitue des sommes non négligeables.

Maintenant je vais arrêter de vous saouler à tous, j’attend des avis, j’espère même des propositions d’améliorations, et sans rancune…

Posté par: Marc le dimanche 12 novembre 2006 à 18:53
 

Le 1er concept : qui paye à qui ? Pas compris.

Le 2nd concept existe déjà. Par exemple chez Squidoo http://www.squidoo.com/ - une sorte de plateforme de blogs d'experts qui propose aux blogueurs de reverser les bénéfices de la pub placée sur leurs pages à des organismes de charité (qu'ils peuvent choisir). Squidoo est plutôt un échec, mais c'est plus dû au fait que personne n'a besoin de cent blogs sur le même sujet, le concept de reverser les gains tient la route. Je me suis laissé dire qu'un projet similaire de reversement des gains de la pub à des associations caritatives, sur une plateforme plus grand public, est en route en France.

3è concept : si je comprends bien, en plus d'initiatives déjà existantes, tu veux créer une sorte de label, c'est ça ?

Posté par: padawan le dimanche 12 novembre 2006 à 23:53
 

Le 1er concept : qui paye en effet ? je trouve curieux que personne ne se pose la question depuis quelques temps. Si par exemple vous invitiez un artiste amateur dans la rue et qu'il vous attire plusieurs milliers de badaux à qui vous passeriez des pubs en toile de fond. En fin de soirée est-ce que vous diriez à cet amateur, merci pour ta collab, ciao, à la prochaine, sans la moindre rénum, même pas un pourboire (micro-rétrib) ? non, oui ? et bien c'est exactement ce qu'il se passe sur le web ! Il va falloir commencer à considérer qu'un internaute contributeur est un acteur majeur du développement du web, de son audience et donc des interêts qu'en retire les acteurs de web direct et indirects. En clair cette micro-rétrib doit être reversée par les acteurs du web qui provient généralement de ses recettes. L'acteur qui ne fait aucune recette de part ses investissemnts initiaux est totalement libre bien entendu de ne pas y adhérer. Le terme de taxe employé dans certaines réponses est donc inapproprié.

2nd concept: Bien sur que des systèmes de reversements fonctionnent localement à droite à gauche. Pour exemple Fotofolia rétribue 1 euro (pour simplifier) la photo d'amateur vendue, plus un système de rétrib communautaire pour les photos gratuites. Ce que je souhaiterai, c'est pour cela que je vous en parle à vous qui avez quand même une certaine influence sur l'évolution du web, ce n'est pas une initiative locale de Marc l'anonyme qui va pas aller bien loin... c'est une prise de conscience globale que le web 2, communautaire social et mondialisé, a une occasion rare de devenir un acteur majeur pour tenter de régler des pb de sociétés, qu'on lègue un peu trop facilement à des politiques, quelques milliardaires et quelques asso courageuses.

3è concept : un label, oui, d'ailleurs des propositions ont été faites dans ce blog par Vincent:
http://www.aidez.org/promouvoir.phtml

Techniquement je le vois de la manière suivante. On a vu récemment se développer le Captcha (letres-images) à chaque contrib (vidéo, blog, musique, etc.). C'est à ce moment là qu'il faudrait demander un no d'adhérent humanitaire avec un lien bien entendu pour s'y inscrire et pour sensibiliser l'internaute. Sensibiliser c'est aussi montrer à un internaute que son contenu a une certaine valeur, c'est donc valorisant, et tout ce qui valorisera l'implication des internautes dans la contrib de qualité, influencera l'audience, donc au final les bénéfices.

pour le cumul du crédit de l'internaute, techniquement rien de plus simple et déjà en place sur beaucoup de sharing: je propose de le baser sur le nombre de consultations de ses contribs.

Posté par: Marc le lundi 13 novembre 2006 à 12:54
 

Le commentaire de Marc considère le contributeur à un site comme un artiste. Lorsque j'écris dans Wikipedia, je produis. Et Marc nous dit ensuite en substance "Tout travail mérite salaire".

Je ne suis pas convaincu :
En premier lieu, le travail est une obligation (relisez votre bouquin de philosophie) : je renonce à ma liberté en échange d'argent. Mais beaucoup de contributeurs écrivent pendant leur temps libre pour se distraire. Ce n'est pas un travail.
En second lieu, Marc prend comme hypothèse que tous les écrits ont une valeur marchande. Dans la vraie vie, beaucoup de mes paroles n'ont aucune valeur. Sur internet, beaucoup de mes textes n'ont pas de valeur non plus.
Enfin, il existe des militants qui acceptent de travailler gratuitement : on peut écrire pour diffuser un savoir ou une réflexion. Il existe des travailleurs désintéressés, heureusement.

Posté par: Thierry le mardi 14 novembre 2006 à 06:17
 

Va falloir en faire un billet à part entière de cette idée, parce que moi j'aimerais bien aussi qu'on réagisse à ce que j'ai écrit dans mon billet ;-).

Bon, je crois que j'arrive à comprendre à la fois Marc et Thierry. Je rejoins Thierry sur le fait que tout n'est pas nécessairement un travail qui implique valeur marchande. Mais je comprends aussi que Marc pose la question de la répartition de l'argent quand le contenu créé par les internautes est monétisé par un intermédiaire, ce qui, mine de rien, est un business model assez répandu dans le "web 2.0" (merci la pub). J'imagine même qu'on puisse concilier les deux, car s'il existe beaucoup de gens qui contribuent bénévolement à produire des contenus utiles sur le web, ils ne devraient pas tous voir d'un mauvais oeil la possibilité que leur travail génère, en plus, une contribution financière à visée humanitaire.

Marc, je connais deux entrepreneurs qui sont déjà sensibles à l'idée exprimée dans le 2nd concept, ça à mon avis c'est déjà gagné et ça se répandra si les gens y sont réceptifs (je pense que oui). Je ne connaissais pas aidez.org, merci pour le lien, il faut que je regarde ça.

Posté par: padawan le mardi 14 novembre 2006 à 11:18
 

Je voudrai dire à Thierry, qu’il ne faut pas concevoir ma suggestion comme une règle de tout-ou-rien, une nouvelle taxe supplémentaire comme je l’ai lu en retour, une sorte de décision votée à la majorité assortie d’une loi et d’une armée de contrôleurs…. Non, je rajouterai même que je suis plutôt pour la liberté du choix, aujourd’hui nous avons le choix d’être bénévole, de faire de la contribution gratuite, de l’open-source, d’être actif dans la discrétion, de monter même des communautés sur la base de systèmes de micro-rémunération (je résume par rapport à d’autres retours dans d’autres billets : Franck Hashas- Airtist, Fotofolia, Jamendo,…)

Mais curieusement pour le moment je constate très peu d’initiative venant des gros acteurs web capable de vendre/acheter 1,65 milliard de dollars la base de données de Youtube avec plus de 100 millions de médias (juillet 2006 moins 30 000 sans sourciller ;-) dont certains clips visionnés plus de 10 millions de fois (et hop encore Tasha 10,925,188 de fois +1 an par moi pour vérifier… ;-).

Ne soyons pas radin, laissons 650 millions de dollars pour le matériel, un peu de code dupliqué d’un open source et une équipe sur-motivée. Reste 1 milliard, et sur ce milliard je trouve qu’on pourrait en laisser quelques miettes aux contributeurs.

Là où je me trouve finalement pas très exigeant, c’est que je propose une micro-rétribution et c’est parce-qu’elle représente une somme dérisoire (j’ai parlé d’un centime par média), que l’internaute la filera gracieusement à un organisme humanitaire pourvu que cela ne lui prenne pas de temps et que cela soit automatisé. Qu’est-ce qu’il me fait penser cela ?

Et bien j’ai bien compris que la blogosphère est une diversité d’opinions, que beaucoup se moquent de l’humanitaire, ne s’intéressent qu’au ludique, au commerce, à la notoriété de leurs propos ou à l’audience de leurs médias. C’est bien normal, il faut de tout pour faire un monde, sinon nous serions tous en Afrique ou en Inde en train de se disputer des paquets de riz à donner aux enfants ou à expliquer comment purifier une eau. Pour moi il y a 2 intérêts distincts encore mal exploités par la communauté web :

-1) les acteurs web et leurs partenaires sont intéressés par toute suggestion qui peuvent leur permettre d’augmenter l’audience de leurs services et en toute logique de leurs revenus ou de la valeur de leurs investissements.

-2) les internautes sont intéressés par l’audience de leurs médias, les retours, les échanges constructifs, bref tout ce que vous connaissez.

Si ces deux parties arrivent à satisfaire pleinement leurs attentes, aucune des 2 n’aura la bassesse de ne pas filer une contrib à une asso humanitaire. J’ose espérer que de nouvelles générations quand même y verront un acte naturel et honorable et peut-être s’y intéresseront de plus près un jour...

L’offre d’un service de micro-rétribution peut attirer l’internaute exactement comme le pratiquent déjà certains sites. Je site encore Fotofolia parce que c’est l’exemple même de la satisfaction induite non pas par la crédit dérisoire cumulé (hop hop par pour tous les adhérents ;-) mais par que le fait que vos photos d’amateurs sont achetées et donc reconnues pour leurs qualités / originalités (en partie due au populaire Canon E350D ;-).

La reconnaissance de la qualité du média génère une satisfaction bien naturelle, puis génère l’envie de proposer encore mieux ou plus. Plus de qualité, plus de contribution, entraînent mécaniquement une augmentation de l’audience.

Bref je ne vous apprends rien… Se peut-il que je croie naïvement qu’une micro-rétrib puisse engendrer en masse une fluctuation des choix des internautes d’aller vers tel ou tel site pour des services quasi similaires(au détriment de ceux qui ne la proposerait pas), que cela permettrait d’augmenter la qualité et la quantité de la contribution, et bien Web2 fois OUI !

Je suis vraiment désolé Padawan de squatter votre billet sur ce sujet, mais pour l’instant vous êtes bien le seul animateur inscrit à réagir en vrai-visionnaire, c’est à dire en personne capable de faire fi d’un commentaire très provocateur, pour rester finalement à l’écoute du besoin, de l’étudier, d’émettre un avis ouvert et sans partie pris, sans rapport avec ses intérêts, bref une qualité d’explorateur tous azimuts.

En me penchant sur votre introduction et ses liens, vous précisez dans « ma définition du web 2 » Nous ne sommes que dans le domaine de la compréhension temporelle du développement sociologique d'internet. J’aimerai que vous développiez un peu plus votre pensée sur ce sujet fort intéressant.

Posté par: Marc le mardi 14 novembre 2006 à 19:01
 

oups, j'ai oublié, Padawan, quels sont les 2 ASP ayant mis en oeuvre un service de micro-rétribution ? Est-ce que Loïc Le Meur serait déjà dans le coup ;-? En tout cas merci pour l'exemple http://www.squidoo.com/

Posté par: Marc le mercredi 15 novembre 2006 à 00:16
 

@Marc : je ne peux pas les dénoncer :p parce qu'ils travaillent sur des projets qui ne sont pas encore publics et qu'ils peuvent toujours modifier leurs plans (mais s'ils veulent communiquer, ils le feront eux-mêmes). Et non, LLM n'est pas dans le coup, il y a encore des gens qui font des choses sur le web français sans lui ;-).

Le reste au prochain épisode, après au moins une bonne nuit de sommeil...

Posté par: padawan le mercredi 15 novembre 2006 à 00:39
 

@Marc

quelques questions/réponses sur le fond :

Sachant qu'actuellement, rien n'empêche les gérants de sites de reverser une partie de leurs revenus (c'est bien de ça dont on parle ?),pourquoi préférer donner cet argent (1 centime par média) à l'internaute "acteur" et non laisser gèrer le propriétaire du site pour faire de même?

Si je pose cette question c'est qu'il m'apparait évident qu'une dérive arrivera et qu'un internaute acteur "malin" essaiera de récupérer cet argent pour lui même et non pour une oeuvre caritative (même si la somme parait dérisoire)

Pourquoi l'internaute pourrait vouloir récupérer cet argent pour lui ?
Car contrairement à une idée reçue TOUS les internautes ne sont pas forcément riches, loin s'en faut.

La conclusion à laquelle j'arrive est la suivante : seuls les vrais "acteurs" (gérants de sites) peuvent réellement faire des dons aux oeuvres caritatives. Passer par des internautes "acteurs" n'est qu'un artifice qui implique un intermédaire supplémentaire, je ne vois pas le réel intérêt à part une pseudo conscience collective et/ou égocentrique croyant aider le monde par le simple fait de surfer sur le web (c'est une belle idée utopique cependant que de croire aider l'humanité avec si peu) .


Posté par: jarodender le mercredi 15 novembre 2006 à 10:24
 

"Nous ne sommes que dans le domaine de la compréhension temporelle du développement sociologique d'internet."

Ce que je veux dire c'est que, de mon point de vue d'acteur du web plongé dedans depuis 13 ans pour qui le web n'en est pas à une pseudo seconde itération, c'est que ce mot-valise marque simplement la découverte par certaines personnes(*), à une période donnée (grosso-modo depuis un an), que le web est entré dans les mœurs du grand public. Compréhension temporelle, parce qu'il était absolument évident pour d'autres (comme moi) depuis bien longtemps, que le web allait se développer comme ça. Compréhension du développement sociologique, parce que ces mêmes personnes ont enfin fini par comprendre que ce média a une dimension sociale, et n'est pas qu'un tuyau de plus où pousser ses brochures (en PDF) ou les programmes télé.

Donc, pour reformuler, le web 2.0 n'est pas une chose, ni un concept, c'est un moment dans l'histoire du web où certains viennent de découvrir l'évidence. Ils ont découvert la lumière, et moi je regarde ça avec amusement alors qu'on me prenait pour un illuminé quand j'ai découvert le Minitel en 1984 et que je trouvais ça génial :p.

J'aime bien la remarque de Flo sur le billet de mon blog, qui parle de la Renaissance et d'un intérêt historiographique.

C'est plus clair là ?

(*) l'autre dirty little secret du web 2.0, c'est que les seuls qui ont vraiment intérêt à faire prendre la sauce sont ceux qui cherchent de l'argent ou du business, parce que ça permet d'avoir une valise bien pratique pour fourrer pleins de concepts plus ou moins clairs aux investisseurs et aux clients. Voilà pourquoi je parle de décideurs. Je me compte dedans, et je reconnais l'intérêt qu'il y a d'avoir un mot auquel s'accrocher pour convaincre les gens, qui ont le carnet de chèque frileux depuis la bulle 1.0, qu'internet c'est vraiment utile et que les gens s'en servent maintenant. Mais ayons un peu l'honnêteté de dire que pour le commun des mortels, ça n'a aucun intérêt ni aucune espèce d'importance.

Dans cinq ans, pas plus, on sera tous à l'aise pour en rigoler franchement.

Posté par: padawan le jeudi 16 novembre 2006 à 22:55
 

@Padawan: ok c'est plus clair, je comprend que le web2 est un mot-valise pour essayer de faire comprendre aux décideurs que leurs outils webs seraient obsolètes et qu'il serait tant de les migrer, que d'autres ont déjà pris de l'avance.

Par contre il est indéniable que le ludique et les activités perso en réseau social ont largement dépasser les utilisations courantes des intranets au boulot, en termes de concepts nouveaux.

Se peut-il en fait que les acteurs web dans les prochaines années s'interresseront plus aux activités ludiques qu'à l'ebiz, c'est déjà le cas sans doute. Pour ma part, avec aussi 24 ans de SSII, je vois surtout ces dernières années des entreprises qui engloutissent leurs budgets dans des applis BI plutôt que web, d'ailleurs les SSII généralistes ont pris des virages à 180 degrés, ce qui a permis aux SSLL de se démarquer. Mais très franchement les développeurs s'ennuyent des synthèses budgétaires et de l'ebiz. Je les vois plutôt passer 40% de leur en temps en // de leurs travaux à faire autre chose de plus instructifs comme, partager des feeds, des blogs, des médias, être au courant de tout, c'est dailleurs un phénomène trivial que d'essayer d'être au courant de tout, le journal de 20h c'est vraiment démodé, il y a cette nuit 17/11 à 2h20 par exemple sur TF1 des tentatives de passer des vidéos perso qui proviennent de wat.tv. Au final le matin on arrive tous cassés soit par les jeux soit par le web. Il faudrait que l'entreprise qui ne s'interesse qu'au business en tienne compte, certains (RH+service marketing+CE) essayent avec des blogs en intra, mais cela fait très vite un flop, normal, c'est plus interessant d'échanger avec le monde qu'avec ses collègues de travail.
Bon c'est bien là pas trop de conneries...?;-)
Sinon Padawan, il paraît qu'un geek ne dort pas la nuit, il somnole assis devant son pc et de temps en temps il est réveillé par quelques pushs, comme un écran en veille en fait, la fusion parfaite...;-) Qu'en pensez vous ?


Posté par: Marc le vendredi 17 novembre 2006 à 01:20
 

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