Project Manager chez groupe Reflect depuis quelques mois, il fait parti des personnes qui ont connu internet à la fin du siècle dernier... au début des années 90. Il blog dès l'apparition de ces nouveaux outils qui le passionnent et contribue à de nombreux projets. Le deux-zéro c'est sa deuxième maison...
Je suis actuellement Project manager chez groupe Reflect, Web Agency très en pointe sur les sujets liés à la société de l’information.
Mon rapport avec le 2.0 ? Disons que comme les gens de ma génération j’ai vu naître le web. J’ai donc un rapport un peu particulier avec la société de l’information… et j’avoue que l’éclatement de la bulle 1 m’avait alors déçu. Aujourd’hui je ressens ce web 2.0 (terme abscons et technocratique au possible…) comme le vrai départ du web, et comme disent certains de mes collègues, “le Web 2.0 ? c’est comme si j’étais né dedans”…
Ce terme a été créé par Dale Dougherty en 2004 et ensuite popularisé par Tim O’Reilly (des éditions du même nom). Je dirai qu’il y a eu un internet 1, le web 1.0 qui était un monde quasiement réservé aux techniciens aux passionnés aux altruistes. Une fois que tous ces gens ont eu bâti ensemble ce qui représente aujourd’hui la base de ce système, un aspect web 1.5 est apparu avec l’apparition de la vente en ligne, de la musique en ligne, du chat, des forums. Il manquait à tout cela un aspect humain, social, et c’est là qu’intervient le web 2.0.
Les gens se sont emparés du système pour en faire aujourd’hui un lieu d’échanges, de partage, un lieu d’expression, une expression d’un Moi numérique qui a vu son apogée avec les blog, le P2P, les espaces dédiés comme Flickr, iTunes, MySpace, YouTube, Wikipédia, Netvibes etc. De façon très générale, le web 2.0 est une nouvelle génération de sites ou d’outils dont le fonctionnement est fondé sur un modèle participatif permettant d’aller vers une intelligence collective.
Pour le quidam moyen qui ne connait d’internet que la silhouette d’Alice ou les bonnes blagues de crétin.fr le web2.0 n’apporte que peu de choses si ce n’est quelques moments de détente pendant les pub entre la Star Ac et le 1823ème épisode de Colombo.
Pour les autres c’est un vecteur d’échanges, d’expression, qui leur permet de ne plus se situer comme des consommateurs mais d’être des acteurs. Ce changement dans le mode d’utilisation d’un outil est fondamental. Il place l’utilisacteur dans une position active qui lui permet de faire évoluer des espaces. C’est aussi pour cela qu’aujourd’hui le web est perçu comme un écosystème : il évolue à chaque seconde et reflète de plus en plus la société tout en représentant une part grandissante de celle-ci. D’ailleurs le terme à la vogue aujourd’hui, bien plus imagé que ce pâle web 2.0 est “living web” : la toile vivante.
Technologiquement je ne suis pas certain que le web 2.0 apporte quelque chose de nouveau… les techno existaient avant, ce que l’on observe est une sorte de convergeance et de maturité des technologies pour aboutir à de nouveaux concept (Ajax). Une technologie qui va sans aucun doute envahir nos interfaces, et c’est déjà le cas sur bien des sites. Ce qui est passionnant en matière d etechnologie c’est de constater et de participer, même indirectement, au développement de ce que l’on appelle les “tissus connectifs” qui permettent aux sites d’échanger des informations et d’effacer les frontières (les RSS sont un exemple très concret du développement des ces usages). Autre exemple très marquant, ce sont les “mash-up” ou applications composites…
En matière d’économie, nous sommes en plein dans le commerce on-line, la courbe d’évolution des achats en ligne est en constante progression. Autre fait important mais qui est ici dans une phase de démarrage : le web 2.0 au sein des entreprises… Il est des chefs d’entreprise qui ont compris là où nous menait ces outils : vers l’intelligence collective, et il y a ceux qui considèrent que seul le modèle pyramidal ou hiérarchique intégral est durable. Ces derniers devraient ouvrir les yeux et aller au delà des frontières de leur entreprise et constater qu’aujourd’hui leurs employés existent sur le web, échangent et partagent leur connaissance, alors qu’au sein de leur entreprise le seul modèle qui leur est proposé est un modèle mono-tâche ennuyeux et usant où leur rôle est exclusivement celui d’un éxécutant. Le modèle global de notre société aujourd’hui est donc “j’éxécute des tâches” et “je consomme”. L’intelligence collective lorsqu’elle est mise en oeuvre dans un véritable esprit de partage de la connaissance permet aujourd’hui à l’entreprise de devenir elle-aussi un véritable écosystème, de multiplier les capacités de réflexion, d’action, de réaction etc.
Le modèle bottom-up qui ressort de ces principes est aussi et surtout une nouvelle façon de manager qui aujourd’hui vient contrarier des chef d’entreprises bien pensant, omniscients tourné vers un management dépassé et elle permet à ceux qui vont de l’avant, qui innovent de mettre en valeur les vraies qualité et la puissance de leur société tout en surfant sur la vague du succès. Donc globalement, le fossé ou la fracture (terme célèbre depuis la bulle 1.0) ne cesse d’augmenter entre des connectés qui vont toujours plus loin et des non connectés qui sont toujours plus marginalisés. Il semble qu’aujourd’hui, tout facteur de progrès ou d’innovation est aussi malheureusement un facteur d’exclusion. Magré cette note négative, il semble que le vrai changement, la vraie innovation et donc l’avenir soient tournés vers l’entreprise et la valorisation des tâches quotidiennes par la reconnaissance de l’individu à travers l’intelligence collective.
Après ? Pas facile, mais comme c’est mon dada je vais me lancer… Considérons que les techno sont là, les utilisateurs utilisacteurs aussi, que reste -t-il ? Bien des choses à vrai dire…. la convergence des outils par exemple. Aujourd’hui chacun de nous possède des dizaines de comptes et autant de login et mots de passe à gérer, des données éparpillées, qui sont parfois personnelles (photos, vidéos, etc.) et hébergées on ne sait où…
J’imagine donc un web où nous stockons nos données sur un espace qui nous appartient, nous attribuons des permissions d’accès. Un web où la liberté va considérablement diminuer et laisser place à des règles strictes qui vont parfois à l’encontre même du système et de ses usagers (exemple la DADVSI). Malgré tout, on ne peut laisser la porte d’un coffre fort grande ouverte sans aucune sécurité et sans quelques règles. En matière de contenus, il subsiste un grand chantier qu’il faudra bien terminer un jour : quel que soit l’outil que j’utilise je doit pouvoir lire mes données de la même façon… une sorte d’unification des formats de données, peut-être est-ce un sujet plus vaste autour du web sémantique et de l'intéropérabilité...
Les échanges électroniques avec les administrations vont certainement précipiter (enfin à leur rythme) les choses à ce niveau là.. Et puis en tant que domoticien à la base, je ne peux ignorer l’irruption d’internet dans le quotidien et dans l’espace domestique. C’est là où les changements vont être les plus perceptibles parce que touchant quelque chose de primaire, d’absolu et de sensible. Après le MOI numérique, l’espace de vie va ainsi rejoindre le web : les applications sont inombrables et l’avenir plein de promesses, souhaitons que tout cela ne finissent pas par la disparition du contact humain nécessaire à toute vie.
Si je devais trouver une formule pour symboliser ma réflexion sur le web 2.0 je l’assimilerais au Wysiwyg (What you see is what you get signifiant littéralement « ce que vous voyez est ce que vous obtenez » ou plus élégamment « tel affichage, tel résultat »). Je le transformerais en WYDIWYA”what you do is what you are” : ce que vous faites (sur le web) traduit ce que vous êtes. Il est même fort possible que cela devienne un indice de popularité (”j’ai un Wydiwya de 80 et toi ?”) dans la mesure où l’humain a toujours besoin de se situer par rapport à ses semblables… C’est un sujet qui va devenir crutial dans les années à venir : ai-je une identité ou une existance numérique ? et si oui est-elle représentative de ce que je suis ? comment puis-je l’améliorer ? etc.


Cette analyse est remarquable surtout la partie constat du fonctionnement actuels des entreprises. J'en avais glissé un mot hier soir sur le billet de Padawan sur le ressentiment actuel des ingénieurs dans les SSII. Je retiens aussi particulièrement, ce concept du "moi-numérique qui pourrait aller jusqu'a mesurer des indices de popularité". Est-ce que vous pensez qu'il y aura dans les prochaines années, aussi matière à ré-équilibrer l'arbre web, c'est à dire d'un côté les acteurs web qui en font un commerce, de l'autre les contributeurs qui en construisent inconsciemment et gratuitement sa valeur ?
Posté par: Marc le vendredi 17 novembre 2006 à 12:51
octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect
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