Journaliste et auteurs de plusieurs livres sur les techniques du web, Jean-Marc Hardy nous propose sa vision. L'occasion aussi de saluer la belgique 2.0 à travers lui.
Jean-Marc Hardy. Journaliste de formation, je suis actif dans le Web depuis 1995. Auteur du site www.redaction.be, consacré aux techniques éditoriales propres au Web. Auteur également de Check-list pour réussir son site web. Les soixante points clés. (DUNOD, Paris, 2004), ouvrage sur la qualité web. Mon cheval de bataille : la gestion de contenu, l'ergonomie et la qualité web. Mon site web officiel est www.60questions.net.
Au coeur du Web 2.0, il y a l'idée de collaboration.
L'approche collaborative de la gestion de contenu peut avoir des conséquences importantes.
Pour les plus précoces d'entre nous, Internet fait partie de notre vie depuis à peine plus de 10 ans. A l'échelle de l'histoire des médias, c'est dérisoire. Nous sommes à la préhistoire du Web... 2.0, si ça peut nous rassurer.

Sur le site web Dessine-moi le Web 2.0, plusieurs passionnés du Web exposent leur vision personnelle de ce concept bouillonnant et multiforme. Une excellente initiative, tant du point de vue du fond que de la forme. J'y joue d'ailleurs les... [Lire la suite]
Trackée le novembre 15, 2006 12:33 PM

c'est drôle, ce que les gens sérieux manquent d'enthousiasme. Ce que la méfiance et la logique (justifiée par l'expérience... de 10 ans ?) génère comme propos ennuyeux. M. Hardy, si vous avez raison, vous êtes un rabat joie, si vous avez tort, vous êtes un réac.
Posté par: vidos le mercredi 15 novembre 2006 à 04:50
@ Vidos :
Vous me laissez peu de chance de m'en sortir, entre le tort et la raison ;-)
Ma foi dans le Web n'a jamais faiblie. Elle est restée constante. Elle ne s'est pas alignée sur les pics d'enthousiasme collectif provoqués par le "buzz marketing" du moment.
Fin des années 90, lorsque les start-ups se bousculaient, des dollars dans les yeux, dans les salons d'investisseurs, je travaillais au coude à coude avec mes premiers clients privés ou institutionnels pour produire du contenu de qualité indépendamment des choix techniques de l'époque.
Lorsque la bulle a explosé et que les agences web de l'époque se sont mises à déposer leur bilan ou à licencier, je continuais mon travail avec la conviction non ébranlée que le Web était un média d'avenir.
Aujourd'hui, la bulle réapparaît. On semble oublier l’histoire.
Mon billet peut être perçu comme rabat-joie, je vous l'accorde. Mais comprenez-moi bien, c'est la consistance du concept "web 2.0" que je questionne, pas le média lui-même ni son potentiel d'innovation et de participation.
Notez, enfin, que je suis loin d'être le seul à exprimer mon scepticisme par rapport à ce concept. Certains affichent leur défiance avec talent, sur un ton qui vous plaira peut-être davantage que le mien. Lisez, par exemple :
"Seuil de saturation 2.0 atteint"
http://blog.ronez.net/?p=400
"Get Lost, Web 2.0"
http://www.straightupsearch.com/archives/2006/09/get_lost_web_20_1.html
Respectueusement.
Posté par: Jean-Marc Hardy le mercredi 15 novembre 2006 à 12:10
Bonjour,
Je trouve que ce billet rejoint dans le ton d'autres blogs d'opinion de journalistes... et à mon avis c'est normal. Le rôle d'un journaliste n'est-il pas aussi de prendre du recul ? A côté de ça, je vois des blogs ou évènements avec des évangélistes enthousiastes pour qui nous sommes au cœur d'une révolution - sociale pour les uns, technologique pour les autres; je vois les références au Web 2.0 se multiplier comme un label de modernité et des campagnes de promotion qui utilisent le même concept dans un but de génération de business – le buzz quoi. Enfin, il y a les utilisateurs finaux finaux (les consommateurs lambda) qui utilisent ce qui est à disposition sans se poser autant de questions.
Pour ma part, je suis tout à fait d'accord avec ce billet: oui, je crois que le Web est certainement une évolution technique et pas une révolution mais que la sphere internet l'utilise différemment- logique, il y a plus d'utilisateurs, plus de maturité des consommateurs. C'est vrai, avec l'ouverture et l'enrichissement de ressources d'informations par monsieur tout le monde, on assiste certainement à une crédibilisation de ces informations dans certains cas, peut-être aussi à un appauvrissement dans d'autres. Ce qui veut dire que collaboration ou pas, l'initiateur d'un site a un rôle qui reste important de modérateur pour de l'info de qualité. Donc plus de règles, un peu moins de liberté...C'est aussi comme ça que fonctionnent - très bien - les communautés techniques open source je crois.
Mais tout en me reconnaissant dans cette analyse, il me semble qu'au sujet du Web 2.0 aussi rien n'est noir ou blanc. Mon côté marketing et/ ou plus orienté business me dit que c'est une révolution de la façon de faire des affaires. Il y a beaucoup à faire pour améliorer cette sphère et en exploiter les possibilités. Pour une société sur le créneau du Web même en BtoB, la génération d'affaires passe par la reconnaissance du potentiel Web 2.0 comme complément des services Web peut-être. A moins que les services Web ne soient estampillés Web 2.0 aussi ?? Bref, les consommateurs sont plus près et plus exigeants, les idées et concepts originaux ne sont plus attirants seulement pour les "early adopters" mais aussi pour les autres du moment ou ils surfent et consomment en ligne...
D'ailleurs, même si je ne suis pas une vieille surfeuse - seulement depuis la fin des années 90 - je suis la première à trouver cool et utiles les nouvelles fonctionnalités et possibilités d'utilisation du Web (lorsqu'elles ne sont pas des beta trop tôt diffusées). J'aime bien Firefox; sur mon bureau, il y a des flux RSS; j'ai indexé Wikipedia; et je trouve les éditos de blogs rafraîchissants et différents des autres medias...
Enfin, j’essaie aussi de comprendre les so-called geeks qui eux voient peut-être plus dans l'émergence de nouvelles techniques ou de nouvelles façons d'utiliser ces techniques, le côté excitant mais aussi problématique du phénomène. Ajax & co ne sont peut-être pas des technologies nouvelles, mais mon impression est qu'elles sont pourtant seulement au seuil d'une utilisation standardisée - et sécurisée. Ajax par exemple, apporte plus de flexibilité et convivialité pour l'utilisateur, mais Javascript - est-ce que ce n'est pas l'enfer à développer? Et les mashups - qui semblent rendre la composition de sites un jeu d'enfant, ne sont-ils pas plus synonymes de problèmes de maintenance et de qualité que de facilité? Et la sécurité des applications ? Avec le transfert de logique d'application des serveurs vers le client (via Ajax), il doit certainement être plus difficile de garder le contrôle qu'avec une application Web "standard". Je ne voudrais pas parler pour un développeur que je ne suis pas mais il me semble qu'il y a encore de nombreux challenges à relever pour maîtriser toutes les techniques du Web 2.0 avant de parler de Web 3.0. Pour moi, un des signes, est que la communauté "OpenAjax" qui doit établir des standards pour ces techniques vient à peine d'émerger. Donc ma conclusion: il n'y aurait pas de Web 2.0 sans elles puisqu'elles en sont la base et sont utilisées pour créer, et il y a beaucoup de chemin à parcourir même si tout va très vite dans l'informatique.
Alors, je suis d'accord avec les uns et les autres, mais je ne peux pas être vraiment pour *une* vision du Web. Et même avec une dominante marketing, je ne peux pas m'empêcher de considérer les autres aspects du concept. En tout cas, toute petite mouche du Web que je suis, pour moi il est un peu tôt pour un Web 3
Posté par: Laetitia le mardi 21 novembre 2006 à 11:12
Le web 2.0 selon Jean-Marc Hardy... par Laetitia
octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect
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