C'est la journée de l'enseignement supérieur. Après Sophie Pene, voici Olivier le Deuff, qui plus est documentaliste, donc visiblement sensible aux folksonomies et autres outils d'organisation du contenu.
Certifié en documentation, je suis actuellement en détachement à l'UBS à Vannes en tant que chargé de mission pour le recensement et référencement des ressources pédagogiques numériques. Je poursuis également des recherches en thèse d'information-communication sur la culture de l'information. Je suis le webmaster du Guide des Egarés qui existe depuis 1999 et était consacré initialement aux bibliothèques. Il ne cesse de s'élargir à des domaines plus étendus dont le web 2.0
J'ai écrit un article sur les folksonomies, phénomène parallèle au web 2.0. Mes recherches sont donc liées à ces mutations dans l'accès à l'information, à son organisation personnalisée et aux bouleversements institutionnels qui en résultent.
Nous pouvons d'abord poser la question : le web 2.0 existe-t-il vraiment ? Il semble en effet que le web 2.0 soit d'abord une idée, et peut-être même une idée recyclée au vu de l'histoire de l'Internet. Néanmoins le succès du web 2.0 est notable.
Si nous voulions ne retenir que l'aspect positif, il ne serait guère difficile de donner une tentative de définition du web 2.0 en lui assignant un objectif simple: mettre l'usager au centre et notamment au centre de l'information. Ainsi le web 2.0 va dans le sens d'un système d'information orientée usager et pas seulement axé sur le contenu et les gestionnaires de l'information.
Mais tout n'est pas si clair car il y a un côté obscur du web 2.0 avec l'exploitation des données des usagers, le développement du travail gratuit et l'astroturfing et les fausses recommandations.
Nous sommes donc confrontés à des services élaborés qui permettent des veilles d'information actives et personnalisées et des possibilités accrues de collaboration mais qui demandent également culture et méthodologie.
Au niveau technologique, il n'y a pas de réelles révolutions au niveau du web 2.0, puisque ni le web 2.0 et encore moins l'Ajax n'est une technologie. Il s'agit plutôt d'un agencement efficace plus intuitif pour ne pas dire plus accessible pour faire plaisir à Fred Cavazza.
Il y a pluseurs impacts et il serait trop long de les énumérer. Pour résumer, il s'opère seloin deux passages :
- Passage de l'autorité à la popularité
- Passage de la pertinence à l'Influence.
Ainsi l'autorité conférée institutionnellement ne vient plus de la transcendance mais bel et bien de l'influence voire de la popularité. Ce bouleversement amorcé depuis bon nombre d'année puise généralement son origine d'une désaffection pour la religion et d'un détachement vis-à-vis des traditions. Nous définissons la popularité comme la reconnaissance émanant du peuple. Concernant Internet et la blogosphère, un internaute populaire serait simplement reconnu comme tel par une communauté ou un réseau social qui peut être restreint voire spécialisé. La popularité provient donc des internautes et non d'une institution. Nous utilisons ici le concept de pertinence pour qualifier notamment de l'information dite fiable. Le terme est souvent employé au niveau des professionnels de l'information et de la documentation pour qualifier des sources sûres. Néanmoins la pertinence n'est pas synonyme de vérité. L'influence que nous opposons ici à la pertinence est la capacité à être lu et écouté au point de devenir une référence notamment au sein d'une communauté. Il peut s'agir de communauté de pratiques professionnelles comme de réseaux sociaux musicaux ou sportifs.
Le web 2.0 étant un web second doit précèder un troisième web, plus sémantique probablement mais dont il nous faut écrire la suite en étant conscients à la fois par les progrès apportés mais aussi par les manipulations dont nous pouvons être victimes. Il convient donc de mettre en place une formation à la culture de l'information si nous ne voulons pas demeurer dans la crise de la culture.

octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect
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