Le web 2.0 selon Sophie Pene

Enseignant-chercheur à l'Université Paris V, Sophie Pene y a lancé une intéressante expérience d'écriture web basée sur une plateforme de blog et qui compte aujourd'hui plus d'une centaine de carnets ouverts. Nous sommes donc ravi de relayer cette expérience et d'entendre son point de vue sur le web 2.0

Qui êtes vous et quel est votre rapport avec le web 2.0 ?


Je suis enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication, à Paris 5, et vice-présidente chargée de faciliter l'intégration des TIC dans les pratiques pédagogiques. J'ai lancé cette année un enseignement à l'écriture Web et à l'animation de réseaux, via la plate-forme de blogs de l’université René Descartes Paris 5. En deux mois, plus de cent blogs se sont ouverts. Les auteurs, enseignants et étudiants, sont très impliqués. Ils veulent "désenclaver" leur activité d'écriture et ont parfaitement compris qu'ils expérimentaient l'entrée du Web 2.0 dans les environnements numériques universitaires. En  participant à l’initiative « Dessine-moi le Web 2.0 », nous voulons afficher dans la réflexion publique la présence des étudiants et leur vue propre sur le Web 2.0.

Si vous deviez expliquer le web 2.0 à tout un chacun, qu'est-ce que vous diriez ?

Un réseau d'échanges de savoir, adaptés aux nouveaux systèmes de production et de création de valeur de l'économie de la connaissance, et capable de susciter la performance individuelle que les organisations hiérarchiques découragent. Pas glamour, mais réaliste.

Qu'est ce que représente le "web 2.0 dans le monde d'aujourd'hui, quel impact sur la société, l'économie, la technologie et autres ?

C'est le médium du travail à distance, le support d'une "écriture de soi", qui permet de créer la confiance entre gens qui ne se voient pas, de constituer sa légitimité et de provoquer des engagements. Un mode de cooptation pour alimenter des réseaux d'innovation parfaitement valorisables, à condition d'une organisation documentaire évidemment pas  aboutie. Alors est-ce que ça se passe entre gens généreux, intelligents, est-ce que ça ouvre une nouvelle ère démocratique ?   Est-ce qu'on est enfin en pleine économie du don ? Sans doute. Mais comment les nouvelles forces se répartissent-elles ?

Le web 2.0, et après ?


Evidemment il y a une recomposition immédiate du rapport entre capital et travail et la plus-value n'arrivera sans doute pas dans les poches - ni dans les cerveaux- de la majorité des acteurs du Web2.0. Tout se joue sur la maîtrise des "noeuds" d'échanges de connaissance : parmi cette masse, qui « voit », qui rend visible, qui classe, qui rediffuse, qui apporte une valeur ajoutée ? C'est pourquoi l’initiative deuxzero.com est si intéressante : associer des « technologues », des entrepreneurs, des animateurs de réseaux sociaux pour une analyse et une prospective est capital. Ne laissons pas les enjeux politiques, sociaux et économiques du Web2, 3, 4, 5, 6 être dessinés mécaniquement par l’effet de stratégies boursières. Le défi de cette participation intéresse les blogueurs de mon université, dont je me fais la porte parole. C’est notre façon  de souscrire à la déclaration de Tim Berners-Lee. Il crée actuellement un centre de recherche au MIT consacré à la « science du Web », réunissant des chercheurs en sciences humaines et en technologies informatiques autour de préoccupations communes : l’avenir de l’Internet, la relation entre Web et savoir, entre Web et démocratie, entre Web et transformations sociales. Nous pensons que l’Université et la nôtre en particulier ont leur place dans cette prospective. Une plate-forme de blogs à l’université donne aux étudiants et aux enseignants chercheurs une expérience directe des technologies contemporaines qui ne peut que servir la qualité de nos réflexions communes sur le sujet.


Voir aussi l’annonce de la création du centre de recherche « Science du Web »


Publié par Sophie Pene le jeudi 16 novembre 2006 à 09:30
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 Commentaires

Je trouverai cela interessant, si l'experience des campus numérique avait connu un certain succes. De même que l'informatisation des étudiants.
Le hic c'est que l'argent dédié à ce genre de projet est en général détourné de son utilisation initiale, comme les fonds de la médecine préventive (étudiant) par exemple qui ce voit par la grâce des équipes présidentielles allouer à de la médicine du travail.
Sans compter le manque d'engagement de l'état.
Mais bon tous ceci est en général dénoncé par une commission parlementaire ou le CNE (comité national d'évaluation).
Ma question est plutôt de savoir à quoi l'argent qui permet la mise en place de cette plateforme de blog devait servir à l'origine?
Est ce que l'intégralité des fonds à été utilisé pour ce projet si le budget était fléché, ou bien si une partie à été attribué au enseignants -chercheurs via un détournement d'attribution?
Ou encore n'est ce pas la lubie des services informatiques qui ont vue une opportunité de recupèrer le gâteau et qui ont vendu le projet à la vice-présidence?
De toute manière ce n'est pas en appliquant de la pommade 2.0 que l'on rénovera en profondeur les méthodes d'enseignement.
Et puis l'argent qui devait servir à l'orgine à mettre en place des système d'e-learning n'a servie qu'a la mise en place d'ENT bien moins ambitieuses, et à financer du nabuco.
Bien sur je suis prêt à discuter de tous ceci avec madame Sophie Pene et à être détrompé.

Posté par: Benoit le lundi 11 décembre 2006 à 00:09
 

Sophie Pene vous répondra, mais en tant qu'intervenant en université sur la question du développement des usages TIC depuis six ans, je tire mon chapeau à l'iniatitive de Paris V.
Il est extrêmemnt difficile de se lancer dans des expérimentations ouvertes aussi interactives, ne serait-ce que face au manque d'entrain, pour des raisons statutaires notamment, des personnels enseignants et surtout par conformisme politique. Celui-ci est polarisé sur la mise en oeuvre des ENT, projets fondés sur des principes vieux de 5 ans et je ne parle même pas de la difficulté à libérer l'expression individuelle comme on l'entendrait à l'heure du web 2.0 au sein d'institution telles que les uniersités.
Ce type de plateforme me paraît donc remettre en phase les environnements numériques avec la réalité du réseau. Je souhaite donc vivement que l'exemple fasse école et dépasse le stade de l'expérimentation pour être largement diffusé. Bon vent à Paris V, on croit en vous !

Posté par: Alexis Mons le lundi 11 décembre 2006 à 09:14
 

Encore faudrait il que l'on accorde les financement correspondant.
Ce qui me semble difficile avant le prochain plan quadriennal et sans l'accord de la direction des TICE du ministère.
De plus il ne faudrait pas que le Web 2.0 devienne un cache misère pour l'informatisation des universités.
A cela ce rajoute le problème de la rémuneration des créateurs de contenu quand ces derniers sont des universitaires. Sans oublier les problèmes de droit d'auteur quand il s'agit d'une reprise de cours notamment par un étudiant.
En faite pour que le Web 2.0 puisse fonctionner dans le milieu universitaire français il faudrait que toute production de matériel soit sous licence creative commons et qu'une partie de l'evaluation des enseignants- chercheurs ne ce fasse pas uniquement sur la recherche mais aussi sur l'enseignement et la production de contenus.
Et puis liberer l'expression individuelle rentre en pleine contracdiction avec les prérogatives des présidences d'université qui depuis la loi Savary n'ont de cesse de reduire le champs d'expression des étudiants et des personnels non-enseignant.
Voilà pour mes observations et reflexions.

Posté par: Benoit le lundi 11 décembre 2006 à 12:18
 

Vous pointez effectivement un certain nombre des blocages et contradictions qui empêchent d'avancer. Comme on le voit, le problème est politique, avec la réforme du statut de l'enseignant-chercheur comme boite de pandore.
Au même titre que web 2.0 marque aussi un changement de posture vis-à-vis des TIC, j'avais commis un billet pour dire que les universités devaient entrer dans la Société de l'Information, je vous invite à le lire : http://www.groupereflect.net/blog/archives/2006/09/enseignement_20_1.html

Posté par: Alexis Mons le lundi 11 décembre 2006 à 17:03
 

Je viens de lire avec interet votre billet, et j'y retrouve un certains nombres d'analyses que j'ai eu moi même.
Mais plus que le problème politique le WEB 2.0 implique pour les organisation en France (tradition centralisatrice, colbertisme quand tu nous tiens) une perte de contrôle sur le citoyen, apprenant, consommateur (rayé les mentions inutiles).
Perte de contrôle dans le sens ou l'organistaion n'est plus la seule detentrice-régulatrice des ressources produites.
Dans le cadre des universités en France, qui je le rappele fonctionne en vase clos avec peu de liens avec le reste de la société, cela reviendrait à une perte d'autonomie (en tous cas ressenti comme tel). Le principal frein finalement au WEB 2.0 en France n'est pas technologique, mais systèmique.
Ce qui n'est pas le cas dans les pays anglosaxons, peut être grâce à leur faible institutionalisation (par rapport à la France en particulier). Autant dans ces pays l'individu est plus autonome ( moins bien protégé ou assisté par l'Etat, c'est selon en fonction de votre interprétation/idéologie), en regard de nos critères.
Et c'est peut être cette souplesse systèmique qui nous manque aujourd'hui.
Pourrions nous la dévélopper ?
Sans remettre en cause un certains nombres de dogmes/tabous?
Difficile voir impossible, quand on connait la connotation du mot flexibilité dans notre société.
Sans oublier que notre société impose autant que possible des normes. Et que l'usage justement d'outils permettant de s'émanciper de la norme (dans le milieu éducatif notamment et édicté par l'institution) est mal vue, voir sanctionné quand c'est possible.
Un exemple?
Lors de la mise en place de l'ordinateur portable à 1€, dans 2 ou 3 universités des groupes de travail (la plupart du temps à l'initiative d'étudiant impliqué dans la vie universitaire) ce sont constitués pour évaluer l'ensemble des freins à l'équipement des étudiant.
Ces derniers furent identifié, et l'on proposa des solutions qui devait limité ces freins (d'ailleurs le ministre de l'époque semblait les avoir identifié aussi).
Le ministre indiqua que le financement d'initiative allant dans le sens du soutien au projet était prévue.
Les projets de soutiens furent tué par la sous direction technique au nouveau usage des TIC du ministère au motif que ce type de projet est du ressort de l'institution. Et la publicité promise par la délégation des usage de l'internet pour soutenir ces projets ne vit jamais le jour.
A cela s'ajoute la mise en place de consortium qui doivent promovoir les UNRs.
Hors pas mal de projet de ENT sont mal ficelé car devant repondre à des demandes pédagogiques contradictoire.
On n'enseigne pas la biologie comme on enseigne l'histoire.
Donc au lieu de regrouper essentiellement par thématique (science/lettre/science humaine par exemple), on a regroupé d'abord par secteur géographique.
Les ENT me rappele les plans d'informatisation des années 80, qui ont eu pour conséquence suite à leur echec refroidis suffisament les décideurs financier pour geler pendant 20 ans les financements dans le domaine informatique.
A celà s'ajoute les contrainte du multifinancement qui devient aujourd'hui la norme pour les universités (Etat/Région/privé), ou pour chaque financeur les objectifs sont différents et souvent contradictoire.
Sans compter le cout parfois/souvent excessif de la mise en place d'outils qui existe souvent ailleurs et en libre.
Et pour conclure quand bien même vous arrivieriez à mettre en place ces outils, leur utilisation par rapport aux nombres des utilisateurs potentiel restera anecdotique.
je me souviens que de 2004 à 2005 un UNR n'avait pour 60000 étudiants, que 500 utilisateurs hebdomadaires pour son ENT.
A plusieurs millions d'euro le système çà fait cher de l'utilisateur.

Posté par: Benoit le lundi 11 décembre 2006 à 18:42
 

Sans vouloir vexer personne, ne serait-ce pas parce que dans les universités françaises on réunit un peu trop de gens à l'esprit compliqué que l'on obtient des solutions compliquées ? N'avez vous pas remarqué que les anglais sont plus joueurs et cherchent d'abord des solutions ou ils obtiennent l'adhésion des users par le côté ludique avant de peaufiner le côté utilité/objectif ?

Posté par: Marc le lundi 11 décembre 2006 à 23:22
 

Non je ne pense pas.
L'essentiel des rigiditées viennnent des luttes d'influence interne, et de la prédominance de l'enseignant chercheur par rapport au autre composante.
Et puis pourquoi un enseignement s'investirai dans un Wiki,blog et autres techno 2.0 à destination des étudiants, si cela n'est pas pris en compte dans son évaluation.
N'oubliant pas aussi que l'essentiel des décideurs sont assez agés, donc sortir les sortir de leur schéma de pensée (qui date des années 1960).
D'ailleurs certains responsable d'UNR sont des retraités de l'enseignement supérieur donc bonjour la vision du futur.
Sans oublier que pas mal d'enseignement en informatique (surtout système d'information) en France sont basé sur une problématique de système d'information monolithique pour institution, et non pas sur une logique de création et de valorisation de la production individuel via des plateformes de partage et de création de contenus.
Si je devais faire une analogie, je dirais que nos systèmes d'information en France sont "collectivisé" et contrôlé par un polit-buro, alors que le Web 2.0 est par essence tous le contraire.
Il est individualiste, n'impliquant aucun organe de contrôle ou de régulation.
La seul auto-régulation qui existe est celle de l'audience.
Plus l'audience est forte, plus le contenu est cohérent.
En faite nous observons une sorte de séléction naturel à la Darwin grâce au Web 2.0.
Seul reste les contenu ayant de l'audience.
Et comme je le disais plus haut pour changer les choses il faudrait commencer par changer l'evaluation des enseignant-chercheur, en le basant non plus sur la recherche exclusivement, mais sur l'enseignement et les contenus crée.
Mais à ce moment comme évaluer les contenus dans une logique Wb 2.0?
Très vraisemblablement sur les audiences réalisé.
Qui serait l'audience?
Des étudiants en grande majorité, et je vois très mal les enseignant chercheur ce faire évaluer par des étudiant.
Chose qui me semble très utopique vue l'inertie du système, et l'impossibilité de le critiquer.
Pourquoi je pense qu'il est impossible de le critiquer?
Parceque dans toute les sphères de notre société nous pouvons contester une décision, ne pas être d'accord avec (s'est d'ailleurs le principe même de la démocratie).
Vous n'êtes pas d'accord avec une décision de l'Etat?
Vous pouvez la contester et gagner au tribunal administratif.
Vous estimez qu'un médecin à fait une faute?
Vous avez le conseil de l'ordre, et le tribunal pour en juger.
Vous êtes étudiants, et vous estimez que l'on a fait une erreur dans vos notes?
Vous n'avez aucun recours, le jury est souverain et n'as pas justifier sa position à l'exterieur.
Dans tous les exemples que je donne il a un mécanisme de publication (le recours) et le partage de l'information (au tribunal), et il y a une mesure d'audience ( via la décision).
Nous sommes donc dans un mécanisme de communication démocratique, ou l'échange, le débat, enrichit au profit de tous l'information.
Ce mécanisme n'existe pas au niveau universitaire, car ce système et un système censitaire, ou une minorité décide et contrôle tous.
En faite l'université française et aussi démocratique dans bien des aspects vis à vis du Web 2.0 que la Chine qui contôle les Blog, et emprisonne des blogueur.

Posté par: Benoit le mardi 12 décembre 2006 à 00:08
 

J'apprécie que l'insertion d'un Web adapté aux pratiques pédagogiques et scientifiques des universitaires et étudiants ait les honneurs d'un débat.
Pour nous les blogs n'ont rien d'un gadget. C'est un projet que j'ai inscrit dans le contrat quadriennal en le rattachant à divers processus institutionnels et instructions ministérielles :
- la visibilité des enseignants chercheurs
- le étudiants "acteurs de leur pacours"
- la préparation de l'insertion professionnelle
- la nécessité de développer, pour s'insérer professionnellement, une capacité d'analyser la pratique, de la justifier, de la défendre.
J'y ajouterai des convictions personnelles et de chercheure. L'université n'est pas si mal pacée que cela pour entrer dans la société du savoir, intégrer des outils simples et plastiques qui favorisent la circulation des idées :)et le travail en réseau

Posté par: sophie pène le mardi 12 décembre 2006 à 08:44
 

Merci de ces précisions.
Quelques questions en retour si cela ne vous derange pas.
-Combien de Blog sont en service aujourd'hui?
-Combien sont le fait d'enseignant chercheur?
-Comment les avez vous intégré au ENT?
-Des mesures de contrôle de la ligne éditoriale ont été prise?
-Comment gérér vous les prôblème de droit d'auteur ?
-Comment s'incrit le Blog dans la palette pédagogique de l'enseignant chercheur?

Toutefois je suis content qu'une telle experience ai lieu.
Mais mon expérience du milieu universitaire me laisse très sceptique sur les résultats à long terme.
D'ailleurs l'accent mis sur la professionalisation me derange.
Pour moi l'université à d'abord pour rôle de former l'esprit critique, esprit indispensable pour être un bon chercheur et un bon citoyen.
la vision qu'en a aujourd'hui le ministère est trop consumériste.
Et si l'on s'accorde aujourd'hui pour dire que le WEB 2.0 est un ensemble de réseaux sociaux de partage de la connaissance, alors la vision qui aujourd'hui implique à sortir de la main d'oeuvre qualifié des universités est contradictoire avec l'objet d'origine de ces outils.
A mon sens les outils 2.0 ne seront pleinement exploitable qu'avec une réforme profonde du système universitaire qui est beaucoup trop centré sur l'enseignant chercheur.
D'ailleurs j'aimerai connaitre votre opinion sur les critiques que j'ai émisse concernant la démocratie et le système universitaire.
Ensuite le fait que ce projet soit rattaché à divers processus et directive me laisse craindre une flou sur la ligne budgetaire de ce projet, flou dangereux dans sa pérennité.
C'est typiquement le type de projet qui sert de variable d'ajustement budgetaire.
Le fait que vous insistié sur le developpement de la capacité d'analyse, de la justifier/défendre en sommes de dévélopper l'esprit critique me laisse dubitatif.
Cela sous entend que ce genre de considération ne faisait pas parti des pratique pédagogique de l'université?

Dans l'attente de votre réponse Benoit

Posté par: Benoit le mardi 12 décembre 2006 à 17:29
 

eh bien d'accord, quelques réponses
-Combien de Blogs sont en service aujourd'hui? 150
-Combien sont le fait d'enseignants chercheurs? actifs,très peu, une dizaine. Mais j'espère beaucoup plus bientôt. Nous n'avons vraiment lancé ça qu'en octobre. Il doit y avoir 20 profs qui ont créé leur blog et n'ont rien écrit. Les autres : environ 70 étudiants,dont 50 que j'ai drivé dans le cadre d'un cours en ligne, une vingtaine d'auteurs divers (équipe tice, François-Xavier Flandin qui avertit quand il a cassifié le wiki, changé la version d'Elgg, trouvé un moyen d'écrire des formules mathématiques sur le wiki)
-Comment les avez vous intégré au ENT? Pour le moment ils flottent à côté. Ils seront intégrés par le biais des onglets du "bureau virtuel" fondé sur esup qui se met en place en janvier. Pour moi c'est toute une logique, que nous expliquons bien je crois sur les sites de l'unversité, en tout cas les sites tice.
-Des mesures de contrôle de la ligne éditoriale ont été prise? Oui, la ligne éditoriale est explicitée, lourdement, sur nos diverses pages de commentaires ; je lis à peu près tous les jours, et d'autres avec moi, surtout Sophie Maheo. Auparavant chacun pouvait commenter de demander unecréation de blogs. C'est cassifié, avantageux à gérer, mais plus de possibilité pour les externes de commenter. On a 50 000 comptes, donc blogueurs potentiels, ça laisse de la marge au dialogue. On n'a pas de pbs de contrôle, c'est une université. on a quelques blogs isolés gentiment niais, sans projet. Et beaucoup de blogs d'étudiants ... qui ressemblent aux vôtres... souvent très très très intéressants.
-Comment géréz vous les problèmes de droit d'auteur ? A priori sur les blogs, les auteurs sont auteurs. Ce qu'ils citent, ils le font par des liens. Mais le problème est général ; on met des mentions d'engagement et d'avertissement dans tous les coins, on réfère à creative commons, et on travaille avec le secrétariat général à clarifier la question dans la perspective de la diffusion massive de contenus pédagogiques.
-Comment s'incrit le Blog dans la palette pédagogique de l'enseignant chercheur? Pour moi, le suivi des projets, le pilotage de cours, le lien entre la vie de chercheur et la vie d'enseignants, l'information aux étudiants sur ce qu'on fait quand on n'est pas devant eux... Mon collègue Georges Louis Baron, qui est en sciences de l'éducation annonce le dernier numéro de réseaux sur les blogs, résume des colloques, donne des modifs de planning, le quotidien, les idées qui passent.Sur toutes vos observations il y aurait beaucoup de réponses, et ça ne me dérange pas de m'y atteler, mais ce sera un peu long, je vais peut-être faire un billet, plutôt, une série de billets. Simplement, j'essaie de répondre, comme je travaille dans cette grosse université, avec pragmatisme et une pointe ludique quand même.

Posté par: Sophie Pène le mardi 12 décembre 2006 à 21:55
 

Et vous vous trompez, l'étudiant a de très nombreux recours, en cas d'erreur de notes, y compris le tribunal administratif, et est très bien défendu. Encore faut-il qu'il s'intéresse assez à l'université pour connaître ses droits, savoir comment ça fonctionne, à qui recourir, quel pouvoir ont les élus étudiants, pourquoi voter. Mais on est loin du Web.

Posté par: Sophie Pène le mardi 12 décembre 2006 à 22:01
 

Pour finir très rapidement avec cette question j'ai eu l'occasion d'observé à plusieurs reprise des jury illégaux dans mon ancienne université. Dont qui fut annulé 3 fois pour vice de procédure et à provoqué la démission de l'équipe pédagogique d'un enseignant contestant les méthodes du jury.
Même si techniquement des recours existe peu de problèmes vont jusqu'au bout tous simplement parceque le système décourage efficacement l'étudiant.
Sinon je dois vous feliciter pour le travail que vous accomplisez.
contenu de la difficulté.
Sinon je constate que vous butez sur les même problèmes que mon ancienne université :
-Diffusion lente des technologies distruptives (150 Blog sur 50000 potentiel).
-Faible création de contenu libre par les enseignants chercheurs.
-Non intégration au système d'information de l'université.

D'après une enquête à laquelle j'avais participé dans mon ancienne université (auprès d'une centaine personne), plus de 60% des enseiignants étaient réticents à mettre à disposition des contenus sans compensation . Compensation qui dans plus de 53% des cas devait être d'ordre financière (via heures complémentaires notamment). Les décharges de services n'étant sité comme compensation dans moins de 30% des réponses données.
A celà s'ajoute les problèmes de propriétés intellectuelles des ressources produite. Est ce que les contenus sont propriété de l'université ou de l'enseignant. Ce cas fut tranché par le tribunal administratif dans le cas d'un litige entre mon ancienne université et un enseignant chercheur. Le tribunal ayant jugé qu'en l'absence d'un contrat cadre sur la production de contenu pédagogique, l'université ne pouvait les publier sans l'accord de l'enseignant. Resultat l'université fut condamné à verser des indemnité à l'enseignant-chercheur.
Autre résultat de l'étude, l'évalution ne ce faisant pas sur l'enseignement et la production de contenu pédagogique n'encourage pas l'enseignant chercheur à produire ce genre de contenus (réponse de plus de la moitié des sondés).
Par contre nous avons constaté que plus des tiers des enseignants chercheurs de moins 35 ans s'impliqué dans ce type de démarche.
Peut être que le renouvellement des générations avec les départs massif à la retraite aiderons à faire rentrer dans les moeurs ce genre de pratiques.
Qu'en pensez vous?

Posté par: Benoit le mardi 12 décembre 2006 à 23:00
 

Je suis d'accord avec vous : je ne cherche pas à entraîner 3000 enseignants dans l'enseignement numérisé. Les discours du genre "J'ai très peur qu'on supprime mon poste si je publie du contenu" ont fini de me fatiguer. Je ne cherche pas à convaincre une génération à laquelle je ne jette pas la pierre. La plupart des EC que je fréquente sont écrasés de travail à un point inimaginable (mandats d'élus, responsabilités de diplômes, gestion d'équipes d'enseignants, recherches très lourdes à mener, à gérer, publications, aides aux jeunes chercheurs, doctorats, suivi des travaux de L et M, processus de gestion martyrisants, outils inadaptés, contraintes de la tutelle pas aériennes, relations avec des entreprises, prospection pour adapter les formations, chercher des stages, monter des projets public/privé). Donc qu'ils ne passent pas leurs nuits sur le Web ne me choque pas.
On essaie d'attraper les plus jeunes ou les plus heureux d'être là à l'arrivée et de faire tapis rouge à tous ceux qui ont une belle idée pour laquelle les contenus numérisés sont la solution. Cela fait déjà beaucoup de monde et des résultats géniaux pour la formation continue et initiale dans les domaines de santé, par exemple mais aussi pour notre université, dans les filières technologiques, en sciences de l'éducation.
pour le reste, 50 000 blogs ne m'arrangeraient pas. 1000 bons blogs me semble déjà énorme. Ce que nous voulons avant tout ? Apprendre à nos étudiants et à nos collègues à passer à l'agrégateur rss, à s'abonner à des sources, à freiner les courriels. Un de nos buts de l'année : un agrégateur rss dans l'ENT. On a déjà automatisé la veille de certains laboratoires. Cela ce sera un grand changement pour la gestion de l'info par les individus eux-mêmes. Mais on ne l'a pas fait encore.

Posté par: Sophie Pène le mercredi 13 décembre 2006 à 08:19
 

Et bien je vous souhaite bon courage dans cette tâche qui j'espere ne vous transformera pas en Sisyphe.
J'espère qu'avec ce petit débat j'aurais contribuer à la lisibilité de ce sujet (quasiment tous les commentaire depuis Lunidi sont sur votre billet).
Je regrette que l'architecture des ENT soit aussi rigide et dépassé.
Surveill& bien l'année 2007 vous devirez voir quelque chose de nouveau dans le domaine des outils pédagogique ;-)
Si vous souhaitez continuer cette discussion vous devez avoir normalement mon email.

Posté par: Benoit le mercredi 13 décembre 2006 à 14:49
 

Et bien moi j'ai trouvé ces échanges interessant, merci à Sophie et à Benoît, un peu de franchise sur ce microcosme universitaire fait du bien. J'ai noté que certains enseignants auraient voulu être rétribués pour leur contrib. J'aimerien bien, (certains l'auront déjà compris), avoir votre avis sur le principe de micro-rétribution proposé dans ce blog dans le billet http://www.deuxzero.com/2006/11/on_a_trouve_notre_troll.html
désolé pour le titre...

Posté par: Marc le mercredi 13 décembre 2006 à 23:56
 

Le problème de la micro-rétribution dans le domaine universitaire est le suivant:
-Qui paye?
-Les étudiants?
Certainement pas car celà pourrait être assimilié à des frais d'inscription illégaux ( et la dessus les syndicats étudiants ne rigole pas, c'est tribunal administratif illico).
-La fac?
Sur quel budget, et sous quel modalité?
Les présidences d'université pouvant très bien dire que la production de contenu dans le cadre du service, ne merite pas de rétribution car n'étant pas justement produit hors service.

Au final pour permettre une micro-rétribution il faudrait changer la loi ( c'est elle qui fixe les frais d'inscription), et le statut des personnel en modifiant les conditions d'évaluations, et par conséquent de rémunération.

Je pense qu'un tel système peut interessant pour des chargés de cours (thésard ou ATER), pour completer leur rémunération et valoriser de manière plus juste leur travail.
Par contre pour des enseignants chercheur la meilleure solution pour être rétribuer pour la production d'un contenu reste les droit d'auteur.
Et oui tant que les profs produiront des bouquins, pourquoi faire des blogs gratuit avec du contenu interessant pédagogiquement.

Maintenant l'opinion de Sophie Pène apportera j'en suis sur un éclairage tous autre.

Au passage mon email pour Sophie Pène si elle souhaite continuer ce passionant débat: yvesbenoit2003(at)yahoo.fr

Posté par: Benoit le jeudi 14 décembre 2006 à 12:47
 

J'imagine la DSI s'emballer pour développer un système de micro-rétribution. J'imagine le secrétaire général réclamer les autorisations de cumul pour des clics à 30ct.
Il y a des contenus de statut très différents dans un environnement universitaire. Les articles scientifiques sur des bases d'archives ouvertes comme HAL. Les documents pédagogiques d'appui. . Les créations pédagogiques, c'est-à-dire qui sont une invention de forme et pas simplement une compilation. Les travaux des étudiants. les documents complètement libres, comme sur l'UMVF. Les documents cachés dans les intranets. Les documents offerts contre paiement en formation continue, par ex des professions de santé. Les blogs. Tout ça déclenche des raisonnements divers que nous rassemblons dans une réflexion dite "valorisation du patrimoine pédagogique" : rémunération sous forme de droits d'auteur, protection des droits moraux, gestion éditoriale des différents diffusions. Il y a globalement deux démarches à rendre compatibles : la libre diffusion des documents, mission de l'université vers tous ses publics, ce que certains appellent un MIT à la française (AC Benhamou, Marcel Spector de l'UMVF), d'autre part la vente de services rémunérateurs pour une institution en panne sèche (tutorat, étude de cas, suivi de formation et validation). Donc là avec un peu d'effort on parvient à un modèle économique pas encore ajusté mais qui tient. Et puis le reste : nos étudiants ne vont pas venir télécharger des diaporamas sonorisés dans nos ENT comme une ration de foin, et puis déposer mécaniquement leur petit écot pour avoir leur note. Valeur ajoutée nulle. Si l'on veut les engager, leur faire place dans une société épistémique, il faut dans l'université des formats de discours différents, des prises de risques dans les idées, les recherches, où étudiants et enseignants se mesurent par l'intérêt qu'ils éveillent chez leur lecteur, leur écriture, les sources qu'ils mettent à disposition. Cela non pas un par un mais en réseaux fragiles, incernables, qu'une habileté commune, de lecture, de cartographie, ordonne. Cela évidemment que c'est central et pas de raison de le rémunérer, sinon par bien des choses qui sont plus avantageuses que 3 sous.

Posté par: Sophie Pène le jeudi 14 décembre 2006 à 22:53
 

Bien je vois que vous avez à peu près la même conclusion, la micro-rétribution serait, passez-moi le terme, mettre "le bordel" un peu partout, notamment dans le microcosme universitaire, avec toutes les dérives que l'on pressent quant aux tricheries et réclamations de toutes sortes même de plein droit, justice à l'appui, le tout comme dit Sophie pour 3 sous. La micro-rétribution dont je parlai est à but humanitaire, c'est à dire que le contributeur accepte dès son adhésion de filer son crédit à une ONG. Je ne vais pas vous la représenter à nouveau, elle est bien détaillée dans le billet
http://www.deuxzero.com/2006/11/on_a_trouve_notre_troll.html
Je vous laisse trouver dans cette description qui paye et qui fournit le service, j'aimerai bien ensuite avoir votre avis sur le sujet.

Posté par: Marc le vendredi 15 décembre 2006 à 07:44
 

Plus d'un an après l'expérience continue, RenéD.Blog
grandit, évolue et nous entraine dans son sillage.
Un succès !

Posté par: Solange Peyssard le dimanche 29 juillet 2007 à 11:41
 

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