Marc Thouvenin est le responsable du développement de NetVibes, notre fleuron 2.0 national. c'est aussi un blogueur. Il édite aussi un blog collaboratif Welcome Geneva et un blog photo Geneva Daily Photo. Pour lui, le web 2.0, c'est d'abord du service centré sur l'utilisateur et s'il est un grand mérite à son billet, c'est celui de pointer des points de progrès et finalement un horizon.
Je fais du business development à Netvibes, je baigne chaque jour dans le web 2, bercé cependant entre les velleités libertaires et ergonomiques d'un coté et les considérations d'efficacité et de revenu immédiat de l'autre coté (les piliers de l'internet old school).
J'ai toujours su me positionner résolument du point vue des utilisateurs, et surtout les utilisateurs grand public, donc néophytes la plupart du temps. Longtemps oubliés par les concepteurs de logiciels, les nouveaux utilisateurs de l'internet, et notamment les séniors, vont imposer la simplicité d'usage comme leitmotiv.
Le web 2.0, c'est juste restituer aux citoyens le droit de communiquer avec son prochain. Privilège dont il a été très (trop) souvent privé sur internet pendant ces 10 dernières années.
Soyez vous-même sur Internet comme vous êtes dans la vraie vie. L'internet n'apporte que deux éléments supplémentaires essentiels : l'asynchronisme et l'annihilation des distances.
Asynchronisme : vous pouvez téléphoner ou chatter bien sûr, mais souvent, votre correspondant n'est pas en phase avec vous. Parfois même, au moment où vous postez du contenu, votre lecteur ne sait pas encore qu'il est intéressé par celui-ci ! Il ne vous connait même pas mais s'il partage votre avis ou vos goûts, vous allez finir par échanger, voire même peut-être vous rassembler en réseau.
Annihilation des distances ou la téléportation en un clic : Lorsque les moyens de communication étaient limités (pas ou peu de routes, pas de téléphone, ni de télévision), les critères de rassemblement se faisaient sur des critères familiaux, religieux, professionnels ou géographiques. Maintenant que tout est à portée de clic, un volet s'est beaucoup développé : la communauté d'intérêt. Cela existe offline depuis toujours, mais freiné par l'incapacité des gens à se trouver. C'est possible online, depuis les premiers jours du Web, notamment avec les forums et les listes de diffusion. Ce qui change aujourd'hui, c'est que l'usage est simple et les thématiques nombreuses donc le public devient de plus en plus large. Ce qui libère les communautés de la fatale taille critique. Aujourd'hui, même un tout petit groupe actif peut trouver son audience et la développer.
C'est ce qu'on appelle la longue traîne.
La dénomination du web 2.0 c'est une mode aujourd'hui. Une sorte de concept commercial, galvaudé dirons certains, pour désigner la volonté des citoyens de transformer le web en place de marché où chacun à sa place, alors qu'il s'est limité pendant très (trop) longtemps à une gigantesque vitrine à sens unique.
Le web 2, et notamment à travers les blogs, est beaucoup utilisé pour obtenir un feedback sur les marques, pour améliorer les études de marché. Certains en ont abusé et les internautes se sont rebellés. Finalement, les rapports de pouvoir s'équilibre mieux entre marchands et consommateurs, grâce à l'expression sur le web de ces derniers.
Bien plus que d'améliorer les interfaces, il faut aussi simplifier les concepts des services et surtout les rendre interopérables. Attention aux DRM notamment, qui freinent l'émergence de nouveaux services et donc limitent le développement de tout le secteur. Le net doit devenir un outil transparent et efficace. Les usages s'appuieront dessus et le web ne sera plus une occupation en soi mais un moyen. La connexion internet deviendra aussi naturelle que l'électricité. On ne dira plus “j'ai surfé sur Internet”, mais plutôt “j'ai cherché une définition sur Wikipedia”
Des défis techniques :
Des défis ergonomiques :
Des défis culturels :
Des défis économiques :
Beaucoup de challenges à relever donc, presque une montagne. Plusieurs vagues vont certainement se succéder, avec beaucoup de startups qui vont mourir. Et d'autres qui vont se renforcer. Il y a de l'argent à investir aujourd'hui (business angels, VC), d'autant que le coût de lancement d'un service web 2.0 est inférieur au tarif des études de marché, qui se sont révélées fausses la plupart du temps. Alors créons, innovons, prenons des risques. Chacun d'entre nous a sa chance, et peut, d'une manière ou d'une autre, changer le web.


Merci Marc pour ce post. Je rentre d'un coktail dans une agence de com. un peu tradi. Autour de la table de cuisine (qui sert de salle de réunion!) on m'a demandé d'expliquer ce qu'était le web 2.0... mais où étais tu?
Posté par: franck perrier le jeudi 08 février 2007 à 23:59
Pas facile d'expliquer le web 2 aux pros de la com old school ;-)
Mais au moins depuis que les médias se sont emparés du sujet, les publicitaires traditionnels s'y intéressent. Pas trop tôt, car il y a déjà un fossé entre les marketings online et traditionnels. D'ailleurs, ces métiers n'ont en fait rien à voir entre eux.
Le virage va être dûr à prendre, et il y aura sûrement des sorties de route ;-)
Posté par: Marc Thouvenin le vendredi 09 février 2007 à 09:30
Le web 2.0 selon Marc Thouvenin par Marc Thouvenin
octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect
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