Le web 2.0 selon Jean-François Gervais

Jean-François Gervais est responsable de la filière Multimédia à la Direction de la Formation de l'INA et l'auteur de Web 2.0, les internautes au pouvoir, chez Dunod. Il a pris la peine de lire tout ce qui a pu se dire sur Dessine-moi le web 2.0 avant de publier ce billet, ce qui n'est pas le moindre des exploits. Une oeuvre de synthèse donc.

1/ Qui êtes vous et quel est votre rapport avec le web 2.0 ?

Je scrute le web depuis 1994. J’ai participé comme chef de projet à l’aventure de startups et de web agency qui n’ont pas survécu à la bulle,  puis j’ai intégré l’INA. Parallèlement je fais une thèse sur les médias numériques à la Sorbonne.
Je suis l’auteur de « Web 2.0 : les internautes au pouvoir » qui vient de sortir chez Dunod, complété par un blog http://www.web2-lelivre.com

Si vous deviez expliquer le web 2.0 à tout un chacun, qu’est-ce que vous diriez ?


Je voudrais éviter de me répéter par rapport au nombreuses contributions de ce site.
Etant sur le web depuis ses débuts, je souscris naturellement à l’idée que le web 2.0 c’est le vrai web, celui imaginé ses créateurs. Le premier prototype de navigateur mis au point par Tim Berners Lee était à la fois un browser et un éditeur de texte.

En restant au niveau des interfaces, il faut distinguer les technologies des usages. Coté technologie, c’est la somme de technologies déjà existantes (Ajax, …) qui permettent des interfaces dites « riches ». Le navigateur n’est plus un seulement un  lieu de consultation de pages web mais un lieu de manipulation d’éléments. De plus ces technologies étant Open source, les développements sont rapides et moins coûteux.
Ce saut technologique rend possible la mise en ligne d’application encore inenvisageable, il y a encore trois ans, comme des traitements de texte (outils bureautiques de Google…) ou des logiciels de montage vidéos (Jumpcut…).

Coté usage, l’appropriation par l’usager est rapide, ouvrir un blog ne prend que quelques minutes, idem pour poster des photos sur Flickr ou des vidéos sur YouTube. Parallèlement, l’utilisateur d’internet est devenu producteur d’images  et de vidéos qu’il a envie de partager. Le partage, la collaboration sont des composants essentiels du web 2.0. Le livre est organisé autour de chapitres sur la géolocalisation (Google Earth…), les contenus générés par l’utilisateur (YouTube, Flickr…), les réseaux sociaux et outils collaboratifs (Myspace, Del.icio.us, les blogs et les médias personnels (wikio, netvibes…) et le web 2.0 dans l’entreprise. C’est un classification qui peut évoluer, car aujourd’hui par exemple la vidéo arrive sur les réseaux sociaux, mais cela donne une idée du panorama des services existants.

Qu’est ce que représente le "web 2.0 dans le monde d’aujourd’hui, quel impact sur la société, l’économie, la technologie et autres ?


En fait le web 2 0 n’est pas une notion abstraite. Le web n’est plus un cyberspace, car ces services sont en relation avec notre quotidien. L’actualité des élections présidentielles nous en offrent des exemples au quotidien Les propos de tel ou tel candidat(e) mis sur Dailymotion, impactent bien son comportement et les réactions des médias ou d’autres personnalités politiques.
Les sites de géolocalisation comme Yahoo ! Maps mettent en avant les commerces de proximité. Idem pour les réseaux sociaux, la finalité est de faire de nouvelles connaissances dans la « vrai vie ».  Ce qui est vrai pour les individus l’est encore plus pour les entreprises. D’ou l’émergence du marketing 2.0 qui utilise les ressources disponibles ( marketing viral, blog d’entreprise…) pour se rapprocher du consommateur.
Coté technologie, la tendance va vers la mobilité, ce ne signifie pas la fin du PC mais plutôt le portage de nombreuses applications du web sur des téléphones portables.

Le web 2.0, et après


Le web 3.0, puis le web 4 ;0,  j’ai déniché sur un blog américain, la définition du web 8.0 !
Plus sérieusement les enjeux se situeront sur plusieurs terrains. Le premier est celui du web dit sémantique, avec l’augmentation des tags mises sur les photos ou les vidéos mais aussi la volumétrie croissante nous aurons besoins de moteurs de recherche capables de contextualiser les informations. C’est la suite logique de la « folksonomie » actuelle. Il faut rappeler qu’un moteur de recherche ne fait pas la différence entre un texte écrit par Victor Hugo ou une page parlant de Victor Hugo. On peut imaginer des moteurs en langage naturel pour préparer ses voyages. « je veux aller à la mer à trois heures d’avion, j’ai des enfants en bas age et j’aime la plongée ».
Un des seconds enjeux est celle de l’identité numérique, comment protéger mon identité pour éviter des usurpations ou des diffamations. On le voit déjà sur les blogs où certains bloggeurs sont obligés de fermer les commentaires à cause d’excès. Un autre exemple est celui d’un golfeur professionnnel américain en procès avec Wikipédia où sur sa biographie, il est qualifié d’alcoolique.
Voilà quelques pistes d’évolutions, à quelle échéance, est ce qu’il s’agira d’une rupture comme l’est aujourd’hui le web 2.0, je n’ai pas la prétention d’avoir la réponse.
L’essentiel est de s’approprier  et  profiter des outils d’aujourd’hui, l’évolution suivra les usages des internautes.


Publié par Jean-François Gervais le vendredi 02 mars 2007 à 11:26
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 Commentaires

Au vu du nombre impressionant d'interviews sur internet sur le web 2.0, c'est vraiment agréable de trouver une synthése de ce que représente ce terme.

Trés bonne synthése et plan intéressant qui se termine bien évidemment par l'avenir du "web 2.0".

A quand ce fameux web 8.0 ;-)

Posté par: Bastien le vendredi 02 mars 2007 à 12:36
 

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