Il y a six mois maintenant que nous avons lancé Dessine-moi le web 2.0, blog collectif ouvert pour que ceux qui ont quelque chose à dire sur le web 2.0, et d'abord une définition, puisse confronter idées et points de vues. Nous sommes fier de cette initiative, dont je tire à titre personnel une grande satisfaction et nous travaillons d'ailleurs - petit scoop au passage - à préparer un événement sympa pour faire la fête avec la petite centaine de contributeurs.
Depuis novembre, l'intensité du débat a un peu baissé, surtout celui sur sa définition, d'où un fameux billet de votre serviteur, bien dans le ton d'un constat partagé que le web 2 était passé au stade de la mise en pratique accélérée, si pas de la banalisation.
Toujours est-il qu'il y a d'autres sphères comme FrenchWeb.org, lancé par l'ami Richard, et puis voilà que sur le blog nos confrères de Publicis Net, on trouve les BadTalk, où l'interview d'une personnalité à propos du web 2. David Lynch nous y explique ce qu'il faut avec le web (ce mec est grand !), mais sérieusement je ne vois pas bien ce que le web 2 vient faire la dedans.
Bon, les vidéos sont sur DailyMotion, je n'ai vu aucun podcast, ce qui s'y dit confirme surtout que le web est vraiment central dans le marketing, la culture et la com'. Pour le reste, puisqu'il ne s'agit plus d'en débattre et que l'enjeu est sans doute une tentative d'évangélisation, l'idée n'est pas inintéressante, pour peu que ça donne du web 2 une idée en phase avec ce dont il s'agit. Sur ce point, je suis dubitatif, mais qu'en pensez-vous ?
Dans un précédent billet sur Flickr et tout particulièrement sur l'intégration annoncé de la vidéo, je vous ai expliqué que ce service ne se positionnait pas comme une photothèque mais comme un réseau social.
Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l'essentiel des sites de contenu générés par les utilisateurs (UGC) ne sont pas des médias ou des documenthèques, mais des réseaux sociaux au sens où le bénéfice utilisateur est la socialisation qu'il en retire. Il est vrai qu'en monétisant le contenu, ne serait-ce que par la pub, ces services sèment le doute en plaçant la valeur non pas sur celle de l'échange, mais sur le contenu lui-même, mais ça c'est un autre problème.
À partir du moment où l'enjeu est de partager des contenus pour développer de la notoriété, sa liste d'amis et globalement socialiser, il est logique que Flickr étende la palette des contenus à partager à la vidéo. Une évolution multisupport conforme à celles des réseaux sociaux, mais aussi une question de fonds sur l'identité numérique sous le postulat de ce que met l'utilisateur au centre.
The web and the blogs have, as never ever before, played a significant role in the French presidential elections. This has forever impacted the political strategies in this country and has set a benchmark for some. The web is very popular with the French : one out of 2 french citizens is connected to the web and France has 4 million blogs. Worldwide nothing new. As local political lifes goes on - in Italy, in Israel, in China and in many countries - the local experiences can benefit people and candidates everywhere. In the US, the presidential election of 2008 has already seen a number of initiatives on both sides : Barack Obama, John Edwards, John Mc Cain, and some severe attacks on Hilary Clinton. I have heard that some candidates have created virtual worlds on Second Life. In France, political parties have realized the importance of the web when France said NO to the European Consitution, in 2005 : as Jean Philippe Clement put it : "the media said yes, and the web said no". So here is how the web 2.0 strategies were put in play during this french presidential campaign.
A few facts about the web in the campaign
- The 4 leading candidates in France operated their websites with real success : Sarkozy, Royal , Bayrou , and Le Pen.
- Each of their parties put up mash-ups from Google Maps to allow supporters to register directly to share a political action or join a group.
- See a map of the french blogoshere here.
- All french leading magazines and dailies opened weblogs for writers and popular individuals.
- IFOP conducted a survey in February : 47% of internet surfers are looking for political information on the web. This is particularly true of people above 35 years old, not of the younger ones. Download the research here.
- 21% of polled french citizens trust blogs as a source of information (Source Ipsos).
- The traffic of the political weblogs increased by 250% according to FranceInfo (May 5th, 2007).
- Out of the top 6 most influencial french blogs, 5 relate directly (Versac, Bayrou, embruns) or comment occasionnally (Loic le Meur, Point Blog) politics and the presidential campaign.
- The webcasts distributed through the leading video platform are a good benchmark. Segolene's message has been seen 44 000 times. The "promotional" video of Sarkozy and the 21 children taken hostage, 300 000 times.
How did the 2 leading candidates built their web strategy?
Segolene Royal engaged in a viral strategy, stimulating the discussion while Sarkozy was focusing on his own site, creating his own web TV - NSTV, putting up a lot of content and focusing on his program. The web budget of Segolene Royal amounted to € 1.2 million. Her team put together a map of the supporting blogs. See below. She had 40 moderators sorting out the messages and ideas and pull from it major ideas and messages. Nonetheless, her campaign could not fill in the gaps left by her own program. Sarkozy launched his web strategy quite early in 2006. Sarkozy had a supporter's club very active in the campaign. Loic Le Meur, the french most influencial blogger regardless of the last ranking, participated unofficially but actively in that campaign, advising Sarkozy, suggesting video interviews, inviting him to speak at "Le Web 3.0", taking stances on his own blog and congratulating him for his election 1 hour before the results were published.
In the end, the web was smartly used by both candidates, but one used it as a technique, while the other leveraged it around his program. The one with the strongest focus won and his web strategy breathed that focus. But the web did not change history, nor did it replace the power of television. A final note : in his first speach after his election, there was an inscription behind him : sarkozy.fr. Read more from here, Jacques Seguela et Thierry Saussez' point of view,
Segolene's Royal map of supporting blogs. 
Cet été, Digg avait pris conscience de la fragilité de son mode de gouvernance et tenté une réforme, mais celle-ci avait surtout démontré qu'on ne change pas les règles d'un espace comme celui-là facilement.
Tout emblématique qu'il est du web 2 et de sa dimension hautement participative, l'équipe de Digg pensait visiblement que ce type d'environnement se pilotait d'en haut, à l'ancienne, et a continué à le penser. C'était une erreur et ils viennent d'en subir une cruelle démonstration.
J'ai déjà eu l'occasion de parler du fait qu'il y a bien un rapport de force entre les dépositaires du service et ceux qui s'en servent. L'erreur me semble provenir d'un point dont j'ai souvent parlé à propos des modèles web 2 "de base", à savoir la divergence de point de vue sur la création de valeur qui existe entre les promoteur du service et les utilisateurs. Les premiers voient les choses d'un point de vue patrimonial sur les contenus publiés, alors que les second échangent lesdits contenus contre de la notoriété et de la sociabilité. À vouloir changer les règles sur la publication, cela ne change pas grand chose du point de vue des contenus, mais cela change tout sur les conditions d'entretien et de maîtrise de la notoriété acquise.
Digg, comme tout environnement web 2 de ce genre, est un écosystème où les utilisateurs créent de la valeur pour eux-mêmes. Ils entendent donc que cette valeur soit préservée. Décider sans eux et d'en haut du changement des règles revient à les déposséder de ce patrimoine-là. Il ne faut donc pas s'étonner qu'ils soient très réactifs sur ces changements et raisonnent bien en communauté pour préserver les règles du jeu qui sont la base de leur patrimoine à eux.
Digg a un putain de problème de gourvernance. La participation qu'il prône dans son modèle en est absente. Comme quoi le web 2, ce n'est pas que de la techno, c'est bien et avant tout une manière de faire et gérer les choses, avec une vraie question de management des communautés, de gestion en prise AVEC les utilisateurs.
Cette histoire de lien aurait pu être anecdotique, mais il semble évident que les initiatives top-down des promoteurs de Digg ont créé une très forte sensibilité des utilisateurs qui sont sûrs de leur force. Ça va devenir compliqué de recréer un environnement de confiance pour de futures évolutions.
À se maintenir en contradiction, à ne pas impliquer ses utilisateurs les plus dynamiques et influents, Digg perd en lucidité et en prise avec le terrain et risque bien de continuer à se prendre des claques. La seule chose rassurante, pour l'instant, c'est que les utilisateurs n'ont pas l'intention d'abandonner le navire.
Ce week-end, sous le soleil Atlantique, je lisais avec intérêt des points de vue élogieux des directeurs de campagne des candidats aux primaires US sur la manière dont les candidats à la présidentielle ont su tirer profit du net et en particulier du web 2, notamment autour de la vidéo.
Etonnant, mais le fait est que le débat Royal-Bayrou suscite outre-atlantique beaucoup d'observations. Exemple sur Prezvid, blog influent autour de la campagne US de 2008, qui relève que le débat s'est retrouvé retranscrit sur un blog (RMC ndr), diffusé en vidéo sur une plateforme oubverte (DailyMotion), vidéo à l'audience massive, sans compter que les deux protagonistes ont repris ladite vidéo sur leurs blogs respectifs, avec là aussi des torrents de commentaires.
Il est vrai que s'il est un domaine où le web 2 a bénéficié d'une adoption puissante et rapide, c'est bien la politique. Il en est presque paradoxal de ne plus s'étonner de voir tous les candidats avec un Ziki et jouer à fond la viralité en couplant vidéos sur DailyMotion et blogs. Je ne connais pas beaucoup de marques qui ont atteind un tel degré d'intégration du web 2 !
Alors oui, le net français est un des grands vainqueurs de cette campagne, comme l'avais déjà souligné Débat2007, en tous les cas en tant qu'outil car je suis personnellement assez déçu du peu de cas fait des enjeux de la Société de l'Information et de l'Economie Numérique, mais passons.
Ne goûtons pas notre plaisir de voir les US trouver idées et innovation chez nous !
l'Université tout entière rêve du 2.0... par Jessy Jane
octobre 2007
Le Blog de groupe Reflect