l'Université tout entière rêve du 2.0...


Beaucoup d’universités, pour ne pas dire toutes, prennent position aujourd’hui dans l’économie de la connaissance, l’économie numérique, l’économie du don.  Elles comprennent la valeur de leur patrimoine intellectuel.  Les articles scientifiques sont de plus en plus publiés en archives ouvertes.  Depuis peu, nous nous intéressons aussi à nos patrimoines pédagogiques, les produits de l’intelligence ordinaire de l’université. Nous commençons des campagnes systématiques d’enregistrement. Ces enregistrements podcastables ont beaucoup d’utilité : favoriser la compréhension des jeunes étudiants, qui ont du mal à entrer dans les langues scientifiques, stimuler le travail en groupe, adapter l’université à la vie quotidienne d’étudiants salariés pour 30% d’entre eux, rendre accessibles les universités.


 2.0, Economie numérique, réseaux sociaux des universités

Par leur dimension, par leur vocation, par leurs ressources, les universités constituent d’impressionnants réseaux sociaux.

 Ceux-ci sont « mobilisables », comme le rappelle le blogueur universitaire Olivier Etrszcheid, non seulement pour diffuser des savoirs, mais pour les commenter, les accueillir, aérer quelque peu le fonctionnement académique qui réduit à la passivité nombre d’étudiants.  En diffusant ainsi des ressources en direction des étudiants, nous provoquons de nouveaux modes de travail : les plates-formes de publication pédagogique s’animent de séances questions réponses en chat et forum.  Les blogs servent aux étudiants de carnets de suivi de stage et de portfolios . Des communautés thématiques se développent, autour de la conception des environnements numériques créant des réseaux qui diffusent des méthodes projets et facilitent le travail inter facultés, entre les composantes, entre les universités.

 Une université de masse 2.0, cela commence par les cours enregistrés et  le Wifi

Oui, l’Université Web2.0, c’est un beau projet, réaliste, actuel, qui ouvre l’université sur ses territoires régionaux. La Région Ile-de-France en a bien conscience. En soutenant une première opération « Apprentissage nomade » mise en place avec Paris Panthéon Sorbonne, Paris Descartes, Paris Diderot  soit 100 000 étudiants, et bientôt les 300 000 étudiants d’Île-de-France,  elle marque son intérêt pour une politique de diffusion pédagogique intéressant tous les citoyens, facilitant des relations pédagogiques vives, jouant la carte d’une université innovante, qui fait circuler des savoirs, crée du réseau social, prépare les étudiants à une productivité fondée sur l’échange et l’invention « multipoints ». L’université numérique Paris Île de France, dès septembre 2007, permettra à tous les étudiants d’avoir un accès en wifi non seulement dans leur université mais dans chacune des 13 universités concernées. Il pourra ainsi consulter sa bibliothèque en ligne, utiliser sa messagerie, retrouver ses données personnelles, vérifier son emploi du temps, publier sur son blog d’étudiant, grâce à un identifiant qui sera un vrai passeport numérique.

 

La circulation multipoints du savoir, dans et hors l’université, un service numérique primaire

L’université numérique ordinaire, est prête à lutter pour le label 2.0 Kiss. A quand un Agoravox universitaire ? Il y a une puissance de discours, chez les chercheurs, chez les doctorants, chez les étudiants, qui donne vraiment envie de les voir agir comme des réseaux sociaux savants, soutenant l’innovation, soutenant la diffusion de leurs résultats, améliorant leur visibilité, la perception de leurs contenus, la mobilisation du savoir, comme un service numérique primaire utile à toute la société. L’Université, par nature, devrait être une métaphore préfigurant un Web 2.0 systématisé dans un macro réseau éducatif. Le podcast et le RSS ont donné une énergie inattendue. Les activités pédagogiques cachées dans les murs s’échappent aisément. Que cela aide tous les acteurs de l’université à réformer  leurs pratiques et dispositifs « du dedans ».  

 


Publié par Sophie Pene le samedi 16 juin 2007 à 16:02
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 Commentaires

Les potentialité de l'Université en terme de réseau social potentiel, bouillon de culture propice aux collisions fertiles et autres synthèses créatives sont effectivement immenses et en même temps sous-exploitées.
J'aime beaucoup votre programme et je suis en même temps assez fasciné par l'appui politique dont vous semblez disposer. Car s'il est une certitude pour moi, c'est qu'il vous faudra plus que du volontarisme pour faire face à certains éléments culturels ou organisationnels qui sont en contradiction avec la fluidité des rapports sociaux que cela suppose, sans parler d'accepter des publications qui n'en sont pas au sens universitaire du terme, justement.
C'est presque une profession de foi, non ?

Posté par: Alexis Mons le samedi 16 juin 2007 à 18:57
 

Eh bien comme nous avons 350 blogs essentiellement d'étudiants, 450 vidéos sur la médiathèque et 175 cours sur la plate-forme Moodle, je commence à avoir un peu de confiance. Je dirais qu'il y a eu déjà deux phases : 1. des outils qui tournent à vide avec quelques groupes qu'un prof met à la peine avec des jeux d'écriture publique avec consigne, une médiathèque sur laquelle on publie un patrimoine d'images déjà réalisées ; 2.des outils qui commencent à bien tourner (les élus étudiants se mettent à bloguer, les visites sont nombreuses, quelques profs bloguent, la médiathèque est de plus en plus connue et de plus en plus sollicitée, les médecins de Paris Descartes commencent l'enregistrement systématique de cours, mais les outils restent encore disjoints, il y a des utilisateurs du wiki, des blogs, de la médiathèque, les liens ne se font pas, on reste en "addition de fonctionnalités". Je crois qu'on entre en phase 3 . Les médecins - et autres -découvrent le potentiel d'eportfolios de blogs de plus en plus sophistiqués (il y a, pas loin, une équipe inventive, persévérante, douée). A la rentrée, nous accueillerons presque 400 nouveaux blogs que les médecins (médecine générale) vont mobiliser pour accompagner les stages en hôpital des étudiants : analyse de la pratique, récits d'expérience, on entre dans du discursif qualitatif, qui se lit, s'échange, vient des étudiants. Et puis on organise des extractions des blogs persos vers la plate-forme de cours ; les étudiants sont producteurs de cas, et enfin cela fait découvrir à un plus grand nombre de gens la richesse des outils en place, qui, sous leur influence, ne vont cesser de grandir. Quant au soutien politique, eh bien, je peux adresser un message public de reconnaissance à mon président, Jean-François Dhainaut, un homme "qui ne connaît pas les petites craintes", un homme qui fait confiance, qui voit un chemin bien dessiné, et pense qu'il "faut y aller". Au delà de paris descartes, l'université numérique est en marche. Moi je trouve les projets pas assez "services numériques", au sens où l'entend Elie Sloïm selon son modèle VPTCS, le travail que je fais avec mon équipe, avec les étudiants, avec les profs, me fait toucher du doigt à quel point on pourrait améliorer la "capillarité" administrative, de même, faire du 2.0 organisationnel. Il faut raisonner "services numériques" cad renverser l'aborescence, faire des sites tête en bas, qui partent de l'utilisateur et irradient vers les sources des processus. Travailler comme on le fait, fait aigrement comprendre cela : on ne pourra pas aller tout à fait plus loin sans certaines crises. Ce n'est pas une profession de foi, c'est une déduction assez rigoureuse d'un programme, au vu de l'état de réalité. certes il y a bcp de bancal, mais franchement, ça tient mieux que prévu. Quant à la conformité des publications, chaque locuteur dans un dispositif clarifié gère parfaitement les "conditions de félicité". POur le moment les différents genres ne se heurtent pas le moins du monde. Les blogs vont devenir un analyseur des parcours de formation pour les étudiants, leurs témoignages seront utiles à une connaissance collective de leurs expériences. Les scientifiques ont bien d'autres lieux de publication : les blogs quand ils en auront, conduiront les étudiants vers les bases de signets, les revues en ligne, les autres vies des profs. Ce que j'espère, que les doctorants fassent le joint.

Posté par: sophie pène le samedi 16 juin 2007 à 22:02
 

Bonjour,

Je rebondis sur cette phrase que je trouve révélatrice d'une dérive : "L’université numérique ordinaire, est prête à lutter pour le label 2.0"...Le web 2.0 n'est pas un produit de consommation et de marketing ...derrière, il y a un projet de société et un projet politique qui bouscule les équilibres actuels...c'est ce qui en fait la force et c'est là qu'est l'enjeu pour l'avenir !

Posté par: florence meichel le dimanche 17 juin 2007 à 12:50
 

ma phrase comportait évidemment son "sourire". Ce que j'écris montre bien, j'espère, que cette idée d'un label est juste un moyen de se mettre à discuter. Au-delà du piège d'une marque Web2.0, il y a quelque chose d'heuristique à poser le 2.0 comme un analyseur des organisations, et beaucoup des intervenants de ce site s'y essaient.
C'est dans ce sens que l'initiative des Inrocks me semble positive, avec ce baptême 2.0 donné aux vidéos universitaires.

Posté par: sophie Pène le mardi 19 juin 2007 à 18:03
 

personellement je dirais (subjectivement) que le web 2.0 c'est trois grands axes :
- les "nouvelles" technologies et methodologies ( usage d'ajax, de .net... et organisation differente des pages ( CSS2/3+xml oblige)
- nouvelle clientel : les internautes sont devenus des consom-acteurs au lieu d'etre juste consommateurs, a l'image de youtube,del.icio.us,facebook..., c'est "de vous et pour vous"
- une nouvelle image des sites, plus orienté vers le contenu riche, place au blogs riches en textes, en commentaires, en liens entrants/sortant, au contenu dynamique, au mises a jour reguliere... tout ce que google aime , sans parler des nouveaux critere pour dire qu'un site est reussi : lisibilité,accessibilité,clarté,ergonomie,conformité au 3wc,tout ça bride enormement le coté graphique... par contre le haut debit a relancé les videos en ligne ...
je finirais par dire : bulle 2.0 ou web 2.0 ?! ça reste une evolution, pas une revolution
(rapelez vous, les blogs actuels c'etait les livres d'or y'a une 10aine d'années, avec autant de commentaires :) (idem pour ajax/applications java, jugées a l'epoque ourmandes ... )

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http://www.baboosh.fr

Posté par: baboosh le dimanche 18 novembre 2007 à 00:19
 

Ne sommes-nous pas à l'ére des multi-plates-formes ? Des plates-formes en réseaux ! Ainsi, à la plate-forme de blogs, s'ajoutent la plate-forme wiki, la plate-forme Moodle, la plate-forme ELGG dont un même usager a besoin compte tenu de leurs fonctions complémentaires. Vive le Web 2.0 !
http://www.lca.uqam.ca/blogue/

Que pensez-vous de ce témoignage de Sophie Pene ?
« Par leur dimension, par leur vocation, par leurs ressources, les universités constituent d’impressionnants réseaux sociaux.
Ceux-ci sont « mobilisables », comme le rappelle le blogueur universitaire Olivier Etrszcheid, non seulement pour diffuser des savoirs, mais pour les commenter, les accueillir, aérer quelque peu le fonctionnement académique qui réduit à la passivité nombre d’étudiants... »

Posté par: Gilles Lemire le lundi 03 décembre 2007 à 19:46
 

En provenance d'une source inofficielle et non confirmée: après Microsoft, Googinet s'annonce maintenant également, avec l'intention de vouloir prendre en charge Yahoo. Qui ne la connaît pas, l'histoire de David contre Goliath… là essaye tout à fait un très courageux de se mesurer avec les plus Géants ou de mordre sur le granit. Voir ici => http://www.googinet.com - http://de.youtube.com/watch?v=IwvHMoM_kSo

Posté par: Jessy Jane le jeudi 21 février 2008 à 13:59
 

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